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mardi, avril 28 2020

Allemagne : Vente forcée de chasseur US F-18 à la Luftwaffe... Une exigence des américains de l'OTAN !

Contrainte d'acheter le chasseur américain F-18, l'Allemagne subit le diktat yankee au sein de l'Otan

La ministre de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer, a annoncé ce mardi 21 avril que l'Allemagne prévoyait l'achat, en remplacement de ses vieux avions de chasse Tornados de fabrication européenne, de 93 avions Eurofighter, eux aussi made in Europe, et de 45 F-18 américains.

Les Américains leur ont fait une offre qu’ils ne pouvaient pas refuser. La ministre de la Défense allemande, Annegret Kramp-Karrenbauer, a annoncé ce mardi 21 avril que son pays prévoyait l'achat, en remplacement de ses vieux avions de chasse Tornados de fabrication européenne, de 93 avions Eurofighter, eux aussi made in Europe, et de… 45 F-18 américains. Un compromis défavorable à l’industrie aéronautique allemande, dicté par les exigences des yankees au sein de l’Otan.

Bien que les dernier mot sur cette achat revienne aux députés allemands, qui ne se prononceront pas avant la prochaine législature, en 2021, l’Allemagne devrait donc acquérir 30 F-18 Super Hornet et 15 EA-18G Growler chargés des missions “SEAD” de destruction des défenses antiaériennes ennemies et de guerre électronique - brouillage des radars, interception de données.


Délais de certification

Pourquoi avoir privilégié l’avion de McDonnell Douglas plutôt que celui fabriqué en partie par Airbus, issu d’un programme commun (concurrent du Rafale) à l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne et le Royaume-Uni ? Parmi les missions dévolues au Tornado, lui-même né d’un partenariat entre l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni, au sein de la Luftwaffe (l’armée de l’air allemande) figure la participation de l’Allemagne à la “posture nucléaire” de l’Otan. Pour remplir cette mission, les Allemands ont recours à une vingtaine de bombes nucléaires américaines B-61, stockées en Allemagne à Büche.

Désireux de remporter ce juteux marché - le coût unitaire d’un F-18 est évalué à une trentaine de millions de dollars -, les Etats-Unis ont fait comprendre au gouvernement que l’Eurofighter Typhoon ne recevrait pas avant belle lurette la certification nécessaire pour emporter sous ses ailes les bombes américaines, évoquant un délai de trois à cinq ans. Une attente impossible pour l’Allemagne, dont les avions à bout de souffle pourraient entraîner, d’ici 2030, des coûts d’entretien avoisinant les 9 milliards d’euros.

De sorte que, si nos voisins voulaient conserver leur participation à la dissuasion nucléaire au sein de l’Otan sans se saigner aux quatre veines, ils n’avaient finalement pas le choix. Et ce contre toute logique logistique, la maintenance des avions et la formation des pilotes étant beaucoup plus simple dans une armée ne comptant qu’un petit nombre de types d’avions différents. Quant aux missions SEAD, Airbus Defence & Space a présenté le Typhoon ECR SEAD, sans parvenir à convaincre la Luftwaffe.

Des partenaires mécontents

Cet achat est loin de faire l’unanimité en Allemagne: le syndicat IG Metall a fait valoir dans une lettre ouverte que l’acquisition de F-18 mettrait en danger “l’avenir de l’aérospatiale militaire en Allemagne”. L’Eurofighter est en effet assemblés à Manching, et de nombreux composants sont fabriqués à Augsbourg, Munich, Ulm ou encore Kiel. Le SPD est également loin d’être enchanté par cette décision : désireux d’amorcer un virage à gauche sur les dossiers de défense, plusieurs députés sociaux-démocrates remettent en cause la participation de l’Allemagne à la dissuasion nucléaire atlantiste.

Si Berlin s’est trouvé prisonnier de sa dépendance nucléaire envers l’Otan, le pire a toutefois été évité dans ce marché : il a en effet été envisagé d’acquérir en remplacement des Tornado les coûteux F-35 américains, que plusieurs pays européens ont déjà acquis malgré sa conception calamiteuse. Mais Paris a fait valoir qu'une telle option obérerait le développement du Système de combat aérien futur (SCAF), projet franco-allemand attendu à l’horizon 2040 pour remplacer le Rafale et l’Eurofighter. Reste que, depuis le retrait du service des derniers Phantom américains, la Luftwaffe avait réussi à se débarrasser de la tutelle de l'oncle Sam.

Source : Marianne.net / Louis Nadau


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samedi, avril 25 2020

Coronavirus : Trump et Pompeo, de sérieux doutes sur la transparence chinoise !

Coronavirus : Mike Pompeo s'en prend de nouveau à la Chine

Les Etats-Unis multiplient les critiques envers Pékin. Cette fois-ci, le chef de la diplomatie américaine l’accuse d’avoir détruit des échantillons et d’avoir faire de la rétention d’informations
 
Le gouvernement des Etats-Unis est en colère contre la Chine et tient à le faire savoir. Mercredi 22 avril, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo s’en est de nouveau pris à Pékin pour sa gestion du coronavirus. S’exprimant lors d’un point de presse, il a déclaré que les États-Unis avaient la ferme conviction que la Chine n’avait pas fait état dès que possible de l’apparition de l’épidémie, en violation des règlements de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et s’était gardée de rapporter la transmission d’humain à humain du virus « pendant un mois, jusqu’à ce qu’il soit dans toutes les provinces » de Chine continentale.

Le chef de la diplomatie américaine a aussi accusé Pékin d’avoir suspendu les tests de nouveaux échantillons du virus, « détruit des échantillons existants » et de n’avoir pas partagé les échantillons avec le reste du monde, « rendant impossible le suivi de l’évolution de la maladie ».

« Désinformation » chinoise ?

L’administration Trump a multiplié les critiques sur la gestion par Pékin de l’épidémie apparue en fin d’année dernière dans le centre de la Chine, à Wuhan, avant de se propager dans le monde. Même après que les autorités chinoises ont notifié l’OMS du nouveau virus, Pompeo a déclaré que la Chine « n’a pas partagé toutes les informations qu’elle avait ». Au lieu de cela, a poursuivi le représentant américain, « elle a caché à quel point la maladie était dangereuse ».

Donald Trump a annoncé la semaine dernière la suspension du financement américain de l’OMS, accusant l’agence onusienne d’avoir encouragé la « désinformation » chinoise au sujet de l’épidémie. Des représentants de l’OMS ont rejeté ces accusations et fait savoir que la Chine avait fait preuve de transparence. Le président américain a mis en doute le bilan de l’épidémie rapporté de Chine et prévenu que celle-ci ferait face à des « conséquences » s’il était avéré qu’elle était « sciemment responsable » du nouveau virus.

Source : Lopinion.fr  avec Reuters - 23 Avril 2020 à 07h17


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Coronavirus : Quel déconfinement géostratégique ?

Quelles réalités révélées par cette pandémie ?
De quoi s’agit-il : urgence sanitaire, crise, catastrophe ou fin du monde ?
Si l'objectif  principal est de sauver des vie, il faut  pour autant raison se garder...

Quels scénarios envisageables sur le plan géostratégique ?
Aux faiblesses et fragilités de notre monde globalisé, quelles évolutions possibles ?
Une radicalisation ou une renonciation des États-Unis, un rééquilibrage en zone d’influence...

Quelles conséquences sur nos modèles de vie et de gouvernance ?
Devenir des organisions internationales, de l'OMS, parole des États, souveraineté, frontières, traçage des populations...
Ce sont autant de questions !

Xavier Guilhou,
Président de la Section du Finistère de la FNCV

Spécialiste international reconnu dans les domaines de la prévention des risques, du pilotage de crises, et l’aide à la décision stratégique, actuel,Xavier Guilhou apporte des réponses adossées à son expérience  de plus de 40 ans.

Lire la suite > Coronavirus : Quel déconfinement géostratégique ?


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jeudi, avril 23 2020

8 mai 1945 : Commémoration - Confinés, tous aux balcons !

JOURNÉE NATIONALE DU 8 MAI 2020 RELATIVE A LA COMMÉMORATION DE LA VICTOIRE DE 1945

Confinement : Fleurir et pavoiser balcons et fenêtres...

Compte-tenu de la situation exceptionnelle liée à l’état d’urgence sanitaire et aux mesures de confinement [ndlr: épidémie de coronavirus], Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées, indique que les cérémonies du 8 mai 2020 se dérouleront selon les modalités suivantes :

•    Une cérémonie, présidée par le Président de la République, aura lieu le matin à Paris, à l’Arc de triomphe, en présence d’un nombre restreint d’autorités civiles et militaires.
Cette cérémonie nationale ne sera pas ouverte au public mais sera retransmise en direct à la télévision.

•    Dans l’ensemble des départements ainsi que dans les territoires d’outre-mer, les Préfets et Hauts-Commissaires organiseront une cérémonie au monument aux morts de la commune chef-lieu dans un format restreint et en respectant strictement les mesures de distanciation. Cette cérémonie ne sera pas ouverte au public.

•    Dans les communes, les maires pourront organiser, en format très restreint et en respectant strictement les mesures de distanciation, un dépôt de gerbe au monument aux morts. Cette cérémonie ne sera pas ouverte au public.

•    Afin de manifester leur participation à cette journée nationale, le Président de la République demande aux Françaises et aux Français qui le souhaitent de pavoiser leur balcon aux couleurs nationales.


Source : Secrétariat d’État auprès de la ministre des Armées Genviève DARRIEUSSECQ/ Image Slate.fr


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lundi, avril 20 2020

Coronavirus : Où en est l’application de traçage «StopCovid» ?

Où en est l’application de traçage «StopCovid» ? La mise au point de l’Inria

Dans une longue note, Bruno Sportisse, le PDG de l’Inria, apporte des précisions sur l’application qui pourrait être mise en place en France.

Rarement une application aura autant fait parler d’elle avant même d’avoir vu le jour. Depuis que le ministre de la Santé et le secrétaire d’État au numérique ont évoqué sa possible mise en place, StopCovid suscite de nombreuses réactions. En France, l’institut national de recherche pour les sciences et technologies du numérique (Inria) est en tête de file pour le développement de cette application. Son PDG, Bruno Sportisse, fait le point dans une note.

Il précise d’abord qu’une telle application «n’est pas une application de ’ tracking’». Elle n’est pas non plus une application de surveillance: elle est totalement anonyme. Elle n’est pas non plus une application de délation: dans le cas où je suis notifié, je ne sais pas qui est à l’origine de la notification.

On parle bien d’une application de tracing (traçage), c’est-à-dire, capable de dire avec quelles personnes un individu a été en contact au cours des deux ou trois dernières semaines. Pendant les épidémies, les recherches des contacts que les malades ont pu avoir dans les jours ou semaines précédant la déclaration de la maladie sont généralement effectuées «à la main». Une application de traçage ou de tracing permet d’avertir automatiquement les personnes concernées....

Crypto-identifiant

Parmi les questions le plus souvent soulevées par les détracteurs d’une telle application figure le respect de la vie privée et des libertés individuelles. Peut-on, dans une démocratie, accepter que nos contacts soient suivis? Peut-on faire confiance à une application, validée par l’État, qui certifierait respecter la vie privée et les libertés individuelles?

Dans sa note, Bruno Sportisse détaille la façon dont les informations liées au smartphone sont traitées, pour que les identifiants du terminal ne puissent pas être utilisés pour identifier son propriétaire. «Dans tous les projets respectueux du cadre européen de protection de la vie privée (le RGPD, sous le contrôle des autorités indépendantes comme la CNIL en France), les informations circulent sous la forme de «crypto-identifiants», des données pseudonymisées, en général générées de manière éphémère (typiquement, pour une période de 15 minutes) et associées à un terminal et non à une personne», explique-t-il.

Le rapprochement entre les crypto-identifiants des contacts et ceux des personnes déclarées positives permet de déterminer si le détenteur du smartphone a été exposé et risque d’être à son tour contaminé. La procédure à suivre en cas de contamination n’est à ce jour pas définie. Sur le serveur central, il n’y a que des crypto-identifiants. «Dans le smartphone de mon voisin, il n’y a aucune donnée concernant mon diagnostic médical, aussi encrypté soit-il. Il y a une liste des crypto-identifiants de tous les smartphones rencontrés». Ce mode de fonctionnement doit permettre de préserver l’anonymat des personnes concernées.

Autorité de santé

«Les paramètres du modèle de transmission et les données statistiques anonymes sont entre les mains de l’autorité de santé qui fixe l’utilisation de ce système. Pas d’une compagnie privée, aussi innovante soit-elle», ajoute Bruno Sportisse. Ce qui pourrait rassurer quant à l’utilisation des données.

Toutefois, avec cette application, ni l’État, ni l’Inria et ses partenaires ne prétendent apporter de solution miracle. «En tout état de cause, aucune équipe travaillant sur ces sujets n’oublie que le «proximity tracing» n’est qu’une composante d’un ensemble plus vaste de mesures, dans le cadre d’une approche pilotée par une politique de santé. Je ne connais personne qui croie au solutionnisme technologique en la matière», ajoute Bruno Sportisse

StopCovid pourrait donc être un des éléments du dispositif de déconfinement, sachant que cette application ne sera en rien obligatoire, qu’une fois installée, elle pourra être désinstallée, que ces utilisateurs peuvent aussi choisir de couper le Bluetooth de leur smartphone et de la rendre inopérante. De nombreuses voix s’élèvent déjà pour contester l’éventuelle mise en place de StopCovid. Le risque zéro n’existe pas, dans le numérique pas plus qu’ailleurs.

Mais on peut aussi s’interroger: est-il plus judicieux d’accepter une application de tracing ou de continuer à renoncer à la liberté de se déplacer ?

Source : LeFigaro.fr / image BBCNews


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samedi, avril 18 2020

OTAN : Les alliés doivent protéger leurs entreprises stratégiques !

Les Alliés appelés à protéger leurs industries et infrastructures stratégiques des « adversaires » de l’Otan

La crise de la dette de la zone euro, en 2010, fut une aubaine pour la Chine, qui, deux ans plus tôt, avait réussi à traverser celle dite des subprimes sans trop de dommages. D’ailleurs, cela lui permit d’investir massivement en Europe, en particulier dans des secteurs stratégiques, tels que la finance, les télécommunications, les transports, l’énergie ou bien encore les ressources naturelles.

Il est estimé que la Chine a déboursé 145 milliards d’euros pour mettre la main sur des infrastructures et des entreprises européennes entre 2010 et 2019, les investissements les plus importants ayant été faits durant la première partie de cette décennie. Plusieurs pays, notamment du sud de l’Europe, pressés par leurs créanciers et contraints par les règles budgétaires de l’Union européenne, y ont vu un moyen de remplir facilement leurs caisses.

Ainsi, en Grèce, des investisseurs chinois ont fait main basse sur des infrastructures portuaires, comme celles du Pirée, qui font partie des plus importantes du bassin méditerranéen. Au Portugal, les privatisations menées dans le cadre du programme d’ajustement économique de l’UE et du Fonds monétaire international ont largement profité à la Chine, qui a signé 45% des opérations.

En France, le groupe chinois Casil racheta l’aéroport de Toulouse en 2015 [il l’a revendu à Eiffage quatre ans plus tard]. Dans le même temps, alors en difficulté, Peugeot SA ouvrit son capital à Dongfeng quand Club Med passa sous le pavillon du conglomérat Fosun International. Outre-Rhin, le chinois Midea fit main basse sur Kuka Robotics, le géant allemand de la robotique industrielle.

En mars 2019, sous l’impulsion de Luigi di Maio, alors vice-président du Conseil des ministres, l’Italie signa 29 accords sectoriels avec la Chine, avec, à la clé, des contrats assurés pour 7 milliards d’euros… et des financements pour moderniser et développer les ports de Gênes et de Trieste, points d’entrées en Europe de la « route pour la soie. » Ce qui n’est pas anodin… Comme les Australiens ont pu le constater avec le port de Darwin.

Enfin, l’Europe centrale et orientale n’est pas insensible aux appels du pied de la Chine, avec la création, en 2011, du Forum commercial et économique dit 16+1. Et, en 2016, par exemple, CEFC China Energy réalisa des investissements importants en République tchèque, notamment dans les domaines du transport aérien et des médias. Et le fondateur de ce groupe chinois, Ye Jianming, devint même le conseiller économique de Miloš Zeman, le président tchèque,

Ces investissements [ndlr: chinois] servent plusieurs objectifs.

Outre l’intérêt purement économique, ils permettent à la Chine [qui, par ailleurs, verrouille son marché] d’avoir accès à des technologies de pointe [en mettant la main sur des brevets], à donner du lustre à son industrie [via le rachat de marques] et à gagner en influence, les pays européens « cibles » étant moins enclin à critiquer la politique chinoise, quand ils ne s’alignent pas sur cette dernière.

Ce qui n’est pas sans conséquence au niveau de l’Union européenne, que Pékin est soupçonné de vouloir dynamiter par sa politique d’investissement. C’est d’ailleurs ce qu’a reproché à demi-mots le président Macron à son homologue chinois, Xi Jinping lors de sa venue en France, en mars 2019, en lui demandant de « respecter l’unité de l’Union européenne ».

Seulement, l’épidémie de Covid-19 ayant mis les indicateurs économiques de la plupart des pays européens dans le rouge, beaucoup d’entreprises vont être – si elles ne le sont pas déjà – fragilisées, certaines étant cotées sur les marchés financiers ayant vu leur capitalisation financière dégringoler, ce qui les rend vulnérables à l’appétit de concurrents étrangers. Ainsi, par exemple, le fabricant de semi-conducteurs français Riber a vu le cours de son action passer de 2,69 euros [au 2 janvier] à seulement 1,26 euros [au 15 avril].

Aussi, le scénario de 2010 peut se répéter… Certes, critiquant la façon dont la Chine a géré l’épidémie, dont le foyer s’est déclaré à Wuhan, chef-lieu de la province de Hubei [environ 50 millions d’habitants, ndlr], certains estiment qu’elle aura à en payer les conséquences. En clair, elle devrait être la grande perdante de la crise étant donné, pensent-ils, que l’on assistera à un grand mouvement de « relocalisation » des industries qui avaient été délocalisées dans l’Empire du milieu. Et que les consommateurs occidentaux refuseront dorénavant d’acheter des produits estampillés « Made in PRC ». Le « monde d’après » sera-t-il si différent du « monde d’avant »?

Pas si sûr, si l’on en croit l’analyste financier Marc Touati. « Certes, l’économie chinoise va fortement ralentir. Cependant, grâce à 3.000 milliards de dollars de réserves de change, environ 1.200 milliards de bons du Trésor américains et au moins autant d’obligations européennes, sans parler de ses participations dans de nombreuses entreprises à travers la planète, la Chine dispose d’un confortable matelas de sécurité. Encore pire, ce dernier pourrait être utilisé pour faire pression sur les États-Unis et l’Europe pour ne pas tourner le dos aux entreprises et aux produits chinois », écrit-il.

Aussi, la Chine aura la force de frappe nécessaire pour faire son marché, de préférence vers les entreprises ayant un potentiel stratégique. Sous-secrétaire américaine à la défense pour les acquisitions, Ellen Lord a fait une mise en garde à ce propos, le 25 mars dernier. « Il est d’une importance cruciale que nous comprenions que, pendant cette crise, la [base industrielle de défense] est vulnérable aux capitaux adverses. Nous devons donc veiller à ce que les entreprises puissent poursuivre leurs activités sans qu’elles perdent leur technologie », a-t-elle averti.

Et Defense News de rappeler que, ces dernières années, le Pentagone a régulièrement dit craindre que « des pays étrangers – principalement la Chine – investissent dans des start-up américains dont les technologies pourraient avoir des applications pour la sécurité nationale. »

Le 15 avril, à l’issue d’une réunion en vidéoconférence avec les ministres de la Défense des pays membres, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a aussi tiré le signal d’alarme.

« Les adversaires potentiels des pays de l’Otan vont tenter de profiter de la crise économique provoquée par le Covid-19 pour essayer de prendre le contrôle d’entreprises ou d’infrastructures stratégiques et de saper l’unité de l’Alliance », a en effet prévenu M. Stoltenberg.

« Cette crise pourrait avoir des effets géopolitiques majeurs » et « pourrait permettre des investissements dans des industries et des infrastructures stratégiques », a-t-il expliqué. Et d’insister : « Il est important de protéger ces entreprises » car « la vente d’infrastructures stratégiques par les pays les plus vulnérables pourrait saper la capacité de résistance des pays de l’Alliance en cas de nouvelle crise. »

Toujours selon M. Stoltenberg, les Alliés ont « besoin d’infrastructures et de télécommunications fiables en temps de crise ». De quoi remettre en question, sans le dire ouvertement, la présence de l’équipementier chinois Huawei dans les réseaux 5G…

Par ailleurs, le secrétaire général de l’Otan a également insisté sur la nécessité de « contrer les campagnes de désinformation menées par des acteurs étatiques et non étatiques sur les réseaux sociaux qui visent à nous diviser et à nous fragiliser avec de fausses informations sur l’aide mutuelle que nous nous apportons ». Sur ce point, a-t-il soutenu, la « meilleure réponse passe par une presse libre qui vérifie les faits et pose des questions parfois difficiles. » Mais c’est un autre débat…

Quoi qu’il en soit, certains pays ont déjà pris des mesures pour protéger leurs entreprises stratégiques. C’est le cas de la France, qui, en passant, a fermé la porte à l’américain Teledyne, qui lorgnait sur Photonis, spécialiste français des systèmes de vision nocturne. Plus généralement, un mécanisme européen visant à surveiller les investissements en provenance des pays tiers est entré en vigueur en avril 2019, non sans quelques difficultés. Mais les États membres disposaient de « 18 mois pour mettre en place les dispositions nécessaires à l’application de ce nouveau mécanisme. » Ce qui nous porte à l’automne 2020.

Source : ZoneMilitaire.com / 


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mercredi, avril 15 2020

Crash hélicoptère : Un Cougar du 5e RHC de Pau s'est écrasé près de Tarbes !

Hautes-Pyrénées : deux morts dans le crash d’un hélicoptère du 5e RHC de Pau au nord de Tarbes !


La Préfecture confirme un premier bilan de deux morts et de quatre blessés dans cet accident

Un hélicoptère du 5e Régiment d’hélicoptères de combat (RHC) de Pau s’est écrasé ce mercredi après-midi vers 16h30, au nord de Tarbes dans les Hautes-Pyrénées; sur la commune de Bouilh-Devant.

La Préfecture confirme un premier bilan de deux morts et de cinq blessés dans cet accident. Deux personnes sont en urgence absolue et deux personnes sont en urgence relative. Au total, 7 personnes étaient à bord.

Le ministère des Armées confirme l’information à "Sud Ouest", mais disait ne pas avoir "plus d’éléments à communiquer pour l’heure".

Mobilisé depuis quelques semaines dans le transfert médicalisé

La préfecture des Tarbes parle également d’un "accident", quand la Direction régionale des armées exprime un "posé dur".

Pour l’heure, on ne sait pas si l’hélicoptère transportait des patients du Covid-19. Depuis quelques semaines, le 5e RHC était mobilisé dans le transfert médicalisé de malades entre les hôpitaux. L’appareil qui s’est écrasé serait un Cougar.

Le 5e RHC de Pau a déjà été endeuillé en 2019 lorsque 13 militaires français de la force Barkhane ont trouvé la mort le 25 novembre au Mali dans une collision accidentelle de deux hélicoptères lors d’une opération de combat contre des djihadistes.
7 des militaires tués dans cet accident appartenaient au 5e Régiment d’Hélicoptères de Combat, basé à Pau-Uzein.

Source : SudOuest.fr /


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L'adjudant-chef Olivier Michel et le brigadier Vincent Monguillon / SIRPA Terre

mardi, avril 14 2020

Corée du Nord : tir de missiles de croisière vers la mer du Japon

Pyongyang a procédé ces derniers mois à de nombreux tests d'engins qu'elle décrit comme des lanceurs de roquettes multiples de très gros calibre.

La Corée du Nord a tiré ce mardi des missiles de croisière présumés en direction de la mer du Japon ou mer de l'Est. "Plusieurs projectiles" qui seraient "des missiles de croisière à courte portée" ont été tirés depuis la ville de Munchon, dans l'Est du pays, a déclaré l'état-major de l'armée sud-coréenne dans un communiqué. Ces essais interviennent à la veille du 108e anniversaire du fondateur du régime, Kim Il Sung, le grand-père de l'actuel dirigeant Kim Jong Un, ainsi que d'élections législatives en Corée du Sud.

Ils ont été effectués alors que l'attention de la communauté internationale se focalise sur la lutte contre la pandémie de nouveau coronavirus.
Pyongyang affirme être exempt de tout cas de Covid-19. 

Ces dernières années, la Corée du Nord, pays doté de la bombe atomique, a procédé à de nombreux tirs de missiles balistiques, des engins propulsés très haut dans les airs et qui retombent à une vitesse très rapide vers leur cible en raison de la gravité.

Le pays possède également des ICBM (missile balistique intercontinental) capables d'atteindre l'intégralité du territoire continental des États-Unis. Pour leur part, les missiles de croisière demeurent à basse altitude, parfois à quelques mètres seulement de la surface, ce qui les rend plus difficiles à détecter. Ils nécessitent des systèmes de guidage très sophistiqués afin d'atteindre leur cible. 
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Des tirs analysés

"La Corée du Sud et les services de renseignement américains analysent de près les questions relatives" à ces tirs qui se sont abîmés en mer, a indiqué l'état-major interarmes sud-coréen. Pyongyang est sous le coup de multiples sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies pour l'obliger à renoncer à ses programmes nucléaire et balistique interdits. Les essais de missiles de croisière ne violent pas les résolutions de l'ONU qui concernent la technologie des missiles balistiques, soulignent les experts.

La Corée du Nord a procédé ces derniers mois à de nombreux tests d'engins qu'elle décrit comme des lanceurs de roquettes multiples de très gros calibre alors que d'autres les appellent des missiles balistiques. Par le passé, elle a déjà tiré des missiles de croisière. En juin 2017, Pyongyang s'était félicité d'avoir réussi l'essai d'un nouveau missile de croisière sol-mer destiné à frapper tout bâtiment "ennemi" qui menacerait la Corée du Nord.

Pyongyang avait alors affirmé que "les missiles de croisière lancés ont détecté avec exactitude des cibles flottantes en mer orientale de Corée". Ce tir était intervenu alors que des manoeuvres navales auxquelles avaient participé deux porte-avions américains s'étaient déroulées dans cette zone la semaine précédente. 

Ces engins avaient parcouru environ 200 kilomètres avant de s'abîmer en mer. Des experts avaient alors estimé qu'il s'agissait d'un progrès par rapport à un essai de 2015, lors duquel un missile sol-mer avait parcouru une centaine de kilomètres seulement.
Source : Lexpress.fr / AFP


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dimanche, avril 12 2020

Coronavirus : Une fuite du laboratoire P4 de Wuhan, hypothèse qui "n'est plus écartée" ...

Laboratoire P4 de Wuhan : l’hypothèse d’une fuite accidentelle du virus “pas écartée” à Londres

Si le coronavirus serait bel et bien d’origine animale, celui-ci aurait pu fuiter après avoir été étudié par le laboratoire P4 de Wuhan, en Chine, d’où est partie la pandémie, estiment les renseignements britanniques, cités par la presse d’outre-Manche.

Comme l’ont rapporté plusieurs titres de presse anglo-saxons, dont le Daily Mail, l’hypothèse selon laquelle le coronavirus aurait fuité du controversé laboratoire P4 de Wuhan, en Chine, n’est « plus écartée » par les services de renseignement britanniques. L’administration Johnson, quant à elle, se veut prudente et « ne reconnaît » pas ces allégations.

Une « protection minimale » entraînant « un risque important d’infection »

Les théories du complot se sont multipliées sur les réseaux sociaux pour expliquer l’origine de l’épidémie. La plus célèbre d’entre elles, selon laquelle c’est le laboratoire P4 de Wuhan, flambant neuf depuis son inauguration en 2017, qui aurait fait fuiter le virus, est finalement celles dont se rapproche le plus la version des renseignement britanniques.

Bien que d’origine animale (96% du génome est similaire à celui qui touche les chauve-souris), ce qui discrédite les théories selon lesquelles le virus aurait été fabriqué intentionnellement par l’homme, l’agent pathogène aurait pu accidentellement fuiter du laboratoire après avoir été manipulé par des chercheurs, affirme le quotidien britannique dans un article à charge.

  • La thèse selon laquelle le Coronavirus aurait fuité d'un laboratoire de recherche à Wuhan "n'est plus exclue" et est considérée "crédible" par les services de renseignement britannique et parmi les ministres participant au conseil de défense du pays. (Mail On Sunday) pic.twitter.com/BU5pAvwvPq
    — Tony Thommes (@tonythommes) April 5, 2020


Car malgré le haut niveau de sécurité du laboratoire, le Daily Mail fait état de rapports locaux non vérifiés révélant que des employés de l’institut auraient été infectés après avoir été aspergés de sang, signant là le point de départ de l’épidémie

En cause, selon l’expert américain en biosécurité Richard Ebright, interrogé par le tabloïd, un dispositif de sécurité de niveau 2 au lieu de 4, qui « ne fournit qu’une protection minimale » aux employés du laboratoire. « La collecte de virus, la culture, l'isolement ou l'infection animale au niveau BSL-2 » impliquerait « un risque important d’infection » pour ceux qui s’y livrent.
D’après lui, rien ne permet donc d’exclure définitivement la thèse d’un accident de laboratoire.

La Chine a-t-elle voulu brouiller les pistes ?

Un avis partagé par David Ignatius, journaliste réputé et très introduit auprès des renseignements américains. Dans sa chronique du Washington Post, il assure être d'ailleurs rejoint dans cette analyse par certains scientifiques. « Les scientifiques n'excluent pas qu'un accident dans un laboratoire de recherche à Wuhan ait pu propager un virus mortel de chauve-souris qui avait été collecté pour étude scientifique », écrit-il.

La semaine dernière, une commission parlementaire britannique avait accusé le gouvernement chinois de diffuser de la désinformation sur les origines du virus, mettant en cause des laboratoires américains, notamment.

Etait-ce là l’occasion pour Pékin de brouiller les pistes ?

En 2004, une fuite d'un laboratoire chinois avait provoqué une épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (Sars), tuant une personne et en infectant neuf autres, rappelle le Daily Mail. Contactés par Valeurs actuelles, les services de renseignements français ont préféré garder le silence. Preuve que le sujet est particulièrement sensible.

Source : ValeursActuelles  / La rédaction de Valeurs actuelles - Publié le 09/04/2020 à 18:54 - Source image : AFP
https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/monde/laboratoire-p4-de-wuhan-lhypothese-dune-fuite-accidentelle-du-virus-pas-ecartee-londres-118052


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= ARCHIVE -  Le 5 mai 2013 à 07h00 =

Un virus inquiétant créé en Chine

Des chercheurs Chinois ont fabriqué un virus hybride de la grippe aviaire très dangereux. Des scientifiques tirent la sonnette d'alarme.

Utile ou dangereux? La communauté scientifique mondiale est en émoi depuis l'annonce, vendredi, dans la revue américaine « Science », de la création d'un dangereux virus hybride par des biologistes chinois. Alors que la Chine se débat avec une nouvelle énième épidémie de grippe aviaire, une équipe de chercheurs de l'université agricole du Gansu a donné naissance à un nouveau virus, mélangeant des gènes de H5N1 et de H1N1.

Le premier, qui a contaminé 628 personnes depuis 2003, mortel dans 60% des cas, peut être transmis à l'homme par les oiseaux, mais pas d'humain à humain. Le H1N1, apparu au Mexique en 2009, n'est pas réputé plus mortel qu'une grippe ordinaire mais il est hautement contagieux. Il aurait infecté un cinquième de la population mondiale lors de la pandémie de cette année-là, tuant 18 000 personnes.

Le but de l'expérience n'est pas clair


L'hybride made in China a pris le pire des deux, avec cette caractéristique inquiétante : il se transmet très facilement entre deux cochons d'Inde, via les voies respiratoires. Par un simple éternuement, par exemple. Conclusion des chercheurs chinois : le redoutable H5N1 n'a besoin que d'une toute petite mutation pour devenir transmissible entre mammifères.

« Fallait-il donner ce coup de pouce à la nature juste pour démontrer cela  ? », grondent les spécialistes. La démonstration n'en vaut pas la chandelle au regard des risques. Une erreur de manipulation, une fuite, une mauvaise intention et un virus OGM de ce genre peut aisément « contaminer les gens, provoquer entre 100000 et 100 millions de morts », estime Simon Wain Hobson de l'Institut Pasteur.

Pour Robert May, ancien président de l'Académie des sciences britannique, l'équipe chinoise a cédé à l'ambition plus qu'au bon sens. Le but de cette expérimentation n'est pas clair. « Ce genre de recherche est inutile à la fabrication d'un vaccin.

S'il s'agissait uniquement de démontrer qu'une mutation le rend transmissible entre humains, c'est aussi vain que coûteux : on le sait déjà, confirme le virologue de Pasteur Jean-Claude Manuguerra (lire ci-contre). Il y a deux ans, des recherches similaires, conduites aux Pays-Bas et aux Etats-Unis, s'étaient vues interdites de publication, par peur de récupération terroriste, et un moratoire décrété. Il a pris fin en janvier dernier.

Source : LeParisien.fr - Archives:05/05/2013
http://www.leparisien.fr/sciences/un-virus-inquietant-cree-en-chine-05-05-2013-2783609.php


NDLR : Loin des polémiques et des diverses théories du complot, sur la supposée et très controversée origine humaine ou non du coronavirus ; nous vous proposons cet article, tel que publié sur ValeursActuelles.com, pour que nos lecteurs se fassent une opinion et débattent en toute transparence… Sereinement…


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samedi, avril 11 2020

519e Régiment du Train : Le Groupe de transit maritime change à nouveau d’appellation...

En 2011, en pleine réforme de la carte militaire, le 519e Régiment du Train, alors implanté à La Rochelle, devenait le 519e Groupe de transit maritime et prenait ses quartiers à Ollioules, près de Toulon, tout en conservant une [petite] présence en Charente-Maritime.

La décision de transférer le 519e GTM dans le Var s’explique par le fait que la base navale de Toulon est le point de départ principal de projection des forces françaises… Et comme La Rochelle dispose du seul port en eaux profondes sur la façade atlantique, cette unité y maintient donc un petit détachement.

Cette solution permettait ainsi de préserver les savoir-faire indispensables pour garantir aux forces françaises la possibilité d’entrer en premier sur un théâtre d’opération par la mer. En Europe, seules leurs homologues britanniques disposent d’une capacité similaire, avec le 17 Port and Maritime Regiment RLC, qui relève de la British Army.

La mission principale du 519e GTM est d’armer la structure de commandement et les capacités d’action tactique d’un « sea port of debarkation » [SPOD] de classe Otan. En clair, elle a à assurer les opérations portuaires et de manutention à bord des navires, sur les quais ou en rade, les opérations de transit maritime de bout en bout, le convoyage des cargaisons à bord des navires civils et militaires, les opérations de manutention de ressources et de vecteurs sur tout type de navire et de contrôler la conformité des déclarations douanières et de dangereux.

Bien que subordonné au commandement de la logistique des forces [COM LOG] de l’armée de Terre, le 519e GTM est une unité à vocation interarmées [elle compte une vingtaine d’aviateurs et de marins dans ses rangs, sur un effectif de 350 militaires environ]. L’été dernier, sa structure a évolué, avec la création, à effectifs constants, de deux nouveaux escadrons.

Et cette évolution a fini par se traduire par un ultime changement : le 1er février 2020, le 519e GTM, surnommé le « régiment de la jonque », est redevenu le 519e Régiment du Train, appellation qu’il avait prise pour la première fois en 1981, soit 35 ans après sa création.

En effet, c’est en avril 1946, à Saïgon [Indochine] que cette unité a vu le jour, sous le nom de 519e Groupe de Transport, en intégrant le peloton amphibie ainsi que la 2e compagnie de transport de Légion étrangère [dont son actuel 2e escadron portuaire est l’héritier].

En 1953, le 519e Groupe de Transport est dissous une première fois, avant d’être réactivé trois ans plus tard au Maroc. Il change alors plusieurs fois d’appellations : 519e Bataillon de marche du Train, 519e Bataillon du Train et Bataillon du Train à pied.

Ce sera sous le nom de 519e Bataillon du Train qu’il disparaîtra à nouveau de l’ordre de bataille, en 1962. Quant à ses compétences, elles furent reprises par la 311e compagnie de transbordement nouvellement créée. Cette dernière deviendra ensuite le 1er Bataillon autonome de transit maritime, lequel s’installera à La Rochelle en 1967.

Dix ans plus tard, ce 1er Bataillon autonome de transit maritime devint le 519e groupe autonome de transit maritime, puis le 519e Régiment du Train, appellation qu’il vient donc de retrouver officiellement, comme le souhaitait son actuel chef de corps, le colonel Samuel Duval.

L’an passé, le 132e Bataillon cynophile de l’armée de Terre a connu une évolution similaire, en devenant le « 132e Régiment d’Infanterie Cynotechnique ».

Source : ZONE MILITAIRE - Image defense.gouv.fr - Une sélection PC


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mercredi, avril 8 2020

Coronavirus : Une quarantaine de marins en "quarantaine" sur le Charles de Gaulle !

Retour anticipé du CDG vers Toulon !

Coronavirus : suspicion de contaminations à bord du porte-avions Charles de Gaulle qui rentre d'urgence à Toulon

Actuellement en mission dans l’Atlantique, le porte-avions nucléaire français Charles de Gaulle vient de faire savoir à l’état-major de la Marine que plusieurs cas de contamination au Covid-19 sont suspectés à son bord.

Une quarantaine de marins présente, en effet, des symptômes compatibles avec une infection au Coronavirus. Pour l’heure, les personnels concernés sont pris en charge à bord du navire qui dispose de son propre hôpital.

Le Charles de Gaulle qui avait quitté Toulon le 21 janvier dernier, a mis aussitôt le cap sur la base navale varoise où il est attendu dans les tout prochains jours.

Dès à présent, et durant son transit vers Toulon, le navire est en ordre de bataille contre cet ennemi invisible. Les marins symptomatiques ont été isolés et l’équipe médicale du bord mobilisée à leur attention, soit une vingtaine de soignants, médecins, infirmiers et chirurgiens.

Le CDG dispose, en effet, d’un hôpital de 12 lits, équipé de respirateurs, d’un scanner et d’une salle de confinement d’une centaine de places. En parallèle, les marins procèdent à un nettoyage en règle, deux fois par jour, de tous les espaces communs, notamment les rampes, poignées et robinets, ainsi que des postes de travail, écrans et ordinateurs. En cas d’aggravation de la situation, les hélicoptères du bord pourraient à tout moment évacuer des malades vers la terre.

À noter que contrairement à l’état-major américain au sujet de son porte-avions USS Théodore Roosevelt dont le commandant a été débarqué et la mission maintenue, les autorités françaises ont décidé d’interrompre immédiatement celle du Charles de Gaulle afin de lui permettre de regagner Toulon dans les meilleurs délais.

Source : LaProvence.com - Image MER ET MARINE / GILDAS LE CUNFF DE KAGNAC

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mardi, avril 7 2020

Économie : La France troisième exportateur mondial d’armement

Selon une étude publiée par le Stockholm International Peace Research Institute [SIPRI] en avril 2019, les dépenses militaires à l’échelle de la planète avaient de nouveau augmenté en 2018, avec une hausse de de +2,3%, pour atteindre 1.822 milliards de dollars, soit 2,1% du produit intérieur brut [PIB] mondial.

Le Sipri n’a pas encore évalué le niveau de ces dépenses militaires mondiales pour l’année 2019. En revanche, ce 9 mars 2020, il a publié une étude sur les « transferts internationaux d’armes majeurs au cours de la période 2015-19 » [.pdf]. Et il apparaît que ces derniers ont progressé de 5,5% par rapport à 2010-14.

Pour l’institut suédois, comparer deux périodes de cinq ans permet d’établir de grandes tendances, sachant que les exportations de matériels militaires peuvent fluctuer d’une année sur l’autre. Et l’étude qu’il vient donc de diffuser montre que deux pays ont su, mieux que d’autres, répondre à la demande liée à la hausse des dépenses militaires mondiales constatée depuis quelque temps.

En effet, les États-Unis ont encore augmenté leurs parts de marché durant ces cinq dernières années, en les portant à 36%. Et de manière significative puisque leurs exportations d’armes majeures ont augmenté 23% entre 2010-14 et 2015-19.

« Sur la période 2015-19, les exportations d’armes des États-Unis sont supérieures de 76 % à celles du deuxième exportateur d’armes au monde, la Russie. Les États-Unis ont transféré des armes majeures à un total de 96 pays », note le SIPRI.

L’Arabie Saoudite, premier importateur mondial d’armes sur la période 2015-19, durant laquelle ses importations ont augmenté de 130%, est pour beaucoup dans ce résultat. « Au cours des cinq dernières années, la moitié des exportations d’armes américaines est destinée au Moyen-Orient, et la moitié de celles-ci à l’Arabie saoudite », souligne en effet Pieter D. Wezeman, chercheur principal au SIPRI. De même que les ventes de F-35 [voire de F-16] car, ajoute-t-il, « la demande en avions militaires avancés américains a augmenté, en particulier en Europe, en Australie, au Japon et à Taïwan. »

La France, et ce n’est pas une surprise au regard des contrats remportés par ses industriels de l’armement au cours de ces cinq dernières années, a vu ses exportations progresser de 72% par rapport à la période 2010-2014. Jamais elles n’avaient atteint un tel niveau depuis 1990, selon le SIPRI.

Les commandes passées par l’Égypte, le Qatar et l’Inde expliquent en partie cette évolution, qui permet à la France de rester le troisième exportateur mondial d’armement devant… l’Allemagne qui, pourtant, assure appliquer une politique très restrictive en la matière… au point de susciter des tensions avec ses partenaires européens. Avec 5,8% de parts de marché, l’industrie allemande de l’armement a vu ses ventes progresser de 17% sur la période 2015- 2019.

Si les exportations d’armes françaises ont fortement augmenté durant ces cinq dernières années, ce n’est rien comparé à celles de la Corée du Sud, qui a vu les siennes bondir de 143% [soit 2,1% de parts de marché]. Enfin, grâce en particulier à l’Inde, les exportations d’armes israéliennes ont aussi progressé significativement [+77%] pour atteindre, selon le SIPRI. « leur niveau le plus élevé jamais enregistré. »

En revanche, d’autres pays ont vu leurs exportations diminuer, parfois fortement sur la période 2015-2019. Tel est le cas de la Russie, qui, si elle reste le second exportateur mondial d’armes, avec 21% de parts de marché, a vu ses ventes diminuer de 18% par rapport à 2010-2014.

« La Russie a perdu de son influence en Inde – principal destinataire de longue date d’armes majeures russes – ce qui a entraîné une forte diminution des exportations d’armes. Cette baisse n’a pas été compensée par l’augmentation des exportations d’armes russes vers l’Égypte et l’Irak en 2015-19 », explique Alexandra Kuimova, chercheuse au SIPRI. Sans doute que les sanctions décidées à son endroit après l’annexion de la Crimée ont également eu une influence sur ce résultat.

À noter que, dans le même temps, les exportations ukrainiennes d’armes ont lourdement chuté [-63%], au point de reléguer l’Ukraine à la 12e place du classement établi par le Sipri, avec 1% de parts de marché [contre 2,8% sur la période 2010-2014]. L’industrie britannique de l’armement a aussi connu un passage à vide, ses ventes ayant baissé de 15%. Aussi, le Royaume-Uni se fait-il désormais distancer par la… Chine qui, au cours de ces cinq dernières années, a eu pour principaux clients le Pakistan, le Bangladesh et l’Algérie.

Pour rappel, selon une précédente étude du SIPRI, la Chine serait devenue le second producteur mondial d’armement. Mais sa production est prioritairement destinées à ses propres forces armées.

Source : ZONE MILITAIRE - Photo : Dassault Aviation - Une sélection PC

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dimanche, avril 5 2020

Attaque terroriste au couteau : Au moins 2 morts et 7 blessés à Romans-sur-Isère !

Le parquet antiterroriste se saisit de l'enquête
Un homme a poignardé plusieurs personnes dans le centre-ville de Romans-sur-Isère

Les faits

Un homme a tué samedi matin deux personnes et en a blessé cinq autres à Romans-sur-Isère (Drôme) lors d’une attaque à l'arme blanche.

Armé d’un couteau, le suspect "s’est rendu dans un bureau de tabac" dont il a attaqué le responsable. Sa femme est intervenue et a été blessée.  L’assaillant s'est ensuite dirigé dans une boucherie. Il a pris un couteau, en sautant par-dessus le comptoir, et a poignardé un client, puis est reparti en courant. "Ma femme a essayé de porter assistance à la victime, en vain", a indiqué le patron de la boucherie. L’homme a ensuite poursuivi sa course dans le centre de cette ville de 35 000 habitants, attaquant des passants, notamment devant une boulangerie. "Ceux qui avaient la malchance de se trouver sur son passage ont été agressés", a indiqué la maire de Romans-sur-Isère.

Le suspect

Le suspect est un certain Abdallah A.-O., réfugié d’origine soudanaise né en 1987. Il a obtenu le statut de réfugié le 29 juin 2017 et un titre de séjour de dix ans en juillet de la même année. Il est inconnu des services de police ou de renseignement français ou européens. Il habitait au centre-ville de Romans-sur-Isère.

Il a été interpellé sans résistance très rapidement après les faits par l’une des nombreuses patrouilles de police chargées de faire respecter le confinement [ndlr: mesure de lutte contre le coronavirus].  "Il se trouvait à genoux sur un trottoir priant en langue arabe", selon les enquêteurs. Il a été placé en garde à vue samedi soir, tout comme "une de ses connaissances", et n’avait pas encore été auditionné.

L'enquête

Le parquet national antiterroriste a annoncé en début de soirée samedi dans un communiqué ouvrir une enquête notamment pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle".  

Les investigations ont été confiées à la Sous-Direction antiterroriste de la Direction centrale de la police judiciaire, à la Direction centrale de la police judiciaire ainsi qu’à la Direction générale de la sécurité intérieure.

Les premiers éléments "ont mis en évidence un parcours meurtrier déterminé de nature à troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur".

Le parquet national antiterroriste indique que lors d’une perquisition à son domicile ont été retrouvés "des documents manuscrits à connotation religieuse dans lesquels l’auteur des lignes se plaint notamment de vivre dans un pays de mécréants", "a priori" écrits par lui.

Les victimes

Deux personnes ont été tuées : ce sont deux hommes respectivement âgés de 44 et 55 ans selon nos confrères du Dauphiné Libéré.
Un homme de 63 ans a été blessé et se trouve dans un état grave. Quatre autres personnes ont été blessées, deux hommes âgés de 65 ans et 59 ans, et deux femmes âgées de 48 et 49 ans.

Les réactions

Le chef de l’Etat Emmanuel Macron a qualifié l’attaque d’"acte odieux qui vient endeuiller notre pays déjà durement éprouvé ces dernières semaines" et sur lequel "toute la lumière sera faite".

Dans l’après-midi, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner présent sur les lieux avait évoqué déjà "le parcours terroriste" du suspect. "Je salue l’engagement total des forces de sécurité qui ont interpellé rapidement le suspect et qui sont mobilisées sur cette enquête. Je veux avoir une pensée pour les victimes et leurs proches, mais aussi les personnels soignants qui sont totalement mobilisés pour le Covid-19 mais qui ont répondu présents. Je salue aussi les commerçants de Romans qui ont apporté les gestes de premiers secours aux blessés ", a-t-il déclaré sur place.

Source : Dernières Nouvelles d'Alsace - dna.fr / photo AFP


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samedi, avril 4 2020

Coronavirus : 600 militaires français sont atteints du Covid-19 !

Florence Parly annonce que 600 militaires français sont atteints du coronavirus...
Cependant, la capacité des armées françaises à accomplir ses missions "n'est pas impactée", a déclaré la ministre des Armées.


C'est 200 de cas de plus que lors du dernier bilan donné par le ministère des Armées, fin mars. Dans un entretien au groupe de presse quotidienne régionale Ebra publié samedi 4 avril, Florence Parly annonce que quelque 600 militaires français sont atteints du coronavirus. Cependant, la capacité des armées françaises à accomplir ses missions "n'est pas impactée", déclare la ministre des Armées.

"Nous avons 600 militaires atteints du Covid-19. Cela correspond à un ordre de grandeur, car il est évolutif. Nous suivons cela de très près et adaptons nos dispositifs en conséquence", mais "notre posture opérationnelle n'est pas impactée", a souligné Florence Parly, tout en rappelant qu'"un agent civil rattaché au Service d'infrastructure de la défense est décédé il y a quelques jours du Covid-19".

Évoquant les multiples contributions des armées à la lutte contre l'épidémie qui a déjà fait 6 500 morts en France, Florence Parly souligne notamment qu'"à ce stade, que cela soit en France, vers l'Allemagne, le Luxembourg ou encore la Suisse, les armées ont transféré 64 patients depuis le Grand Est", dont les hôpitaux sont saturés, vers des régions moins touchées. Par ailleurs, l'hôpital militaire de campagne déployé à Mulhouse par le Service de santé des armées (SA) accueille actuellement "27 patients" pour une capacité totale de 30 lits. "La capacité de Mulhouse et Colmar en lits de réanimation est de 70 lits. Notre contribution a permis un apport important", fait-elle valoir.

De nouveaux cas au Sahel

Au Sahel, où 4 premiers cas de coronavirus ont été déclarés cette semaine parmi les militaires de l'opération antijihadiste Barkhane, "nous notons que les premiers cas de Covid-19 commencent à se multiplier dans cette zone. La pandémie étant mondiale, ce n'est pas une surprise", souligne la ministre. Mais "nos forces restent concentrées sur leurs missions de combat anti jihadistes", et Barkhane, qui mobilise 5 100 militaires français au Sahel,"remporte des succès", assure-t-elle.

"Il est possible en effet que cette crise marque de façon durable les rapports de force et les relations internationales dans les prochaines années", estime la ministre en notant que "certaines puissances très actives dans la géopolitique mondiale le sont davantage, comme la Chine, en rivalité avec les États-Unis", une "opposition exacerbée dans le cadre de cette crise sanitaire". "Les menaces n'ont ni disparu, ni faibli, et cette crise sanitaire révèle des fragilités auxquelles nous n'avions pas prêté une attention suffisante", juge-t-elle, mais "il est trop tôt pour savoir comment cette crise peut modifier notre stratégie".

Source : Francetvinfo.fr - Image AFP


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vendredi, avril 3 2020

Barkhane : Quatre officiers français testés positifs au coronavirus...

Quatre officiers se trouvant «depuis plusieurs semaines» au Sahel ont été testés positifs au coronavirus.
Ce que l'on sait des 4 militaires français de l'opération Barkhane touchés par le Covid-19


Quatre officiers déployés au Sahel ont été testés positif. Trois d'entre eux ont été rapatriés en France. Il n'est pas indiqué s'ils ont contracté le virus sur place.

Quatre officiers français déployés au Sahel dans le cadre de l'opération anti-djihadiste Barkhane ont été testés positifs au coronavirus, a indiqué jeudi l'état-major des Armées. Il s'agit des premiers cas rendus publics parmi les forces françaises projetées en opérations extérieures [OPX]. "L'opération Barkhane a connu ses quatre premiers cas confirmés d'infection par le coronavirus", selon l'état-major.

L'opération anti-djihadiste Barkhane, forte de 5100 militaires, lutte contre les mouvements djihadistes en collaboration avec les pays du Sahel, Mali, Burkina Faso, Niger, Mauritanie et Tchad. C'est la principale opération extérieure des armées françaises.
Où sont soignés ces militaires?

Parmi ces quatre officiers, "un des patients est pris en charge et soigné sur place, et trois autres ont déjà été rapatriés" vers la France, "de même qu'un autre officier symptomatique sans pour autant avoir été testé", précise le porte-parole de l'état-major, le colonel Frédéric Barbry.

Ces quatre militaires étaient "arrivés en bande sahélo-saharienne il y a plusieurs semaines", indique-t-il, sans préciser dans quel pays exact ils étaient déployés, et s'ils ont ou non contracté le virus sur place.

Quel est leur état actuel ?

Ces quatre officiers, sont "à ce stade asymptomatiques". Le diagnostic a été confirmé par des tests effectués sur place par le service de santé des armées, par un laboratoire biologique civil local ou à leur arrivée en France.

La mission Barkhane est-elle poursuivie ?

"Tous les cas 'contact' ont été identifiés et placés en quatorzaine en zone dédiée", souligne le colonel Barbry. "Ces cas de contamination" au sein de Barkhane, comme "les dispositions prises pour préserver le personnel de la force n'ont pas d'impact sur les opérations, qui se poursuivent à un rythme soutenu" dans la zone dite des trois frontières (Mali-Niger-Burkina Faso), réputée abriter le groupe Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), assure cependant l'état-major. 

Fin mars, la France a décidé de rapatrier jusqu'à nouvel ordre ses 200 militaires déployés en Irak, pays durement frappé par le Covid-19.

Source : lexpress.fr


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mardi, mars 31 2020

Sahel : Pour le général Lecointre, la capacité de régénération des terroristes est forte...

Après le succès de l’opération Serval, lancée au Mali par la France, en 2013, et la montée en puissance d’une mission des Nations unies [MINUSMA] ainsi que la mise en place d’une mission européenne pour la formation des forces armées maliennes [FAMa], on pouvait penser que le plus dur avait été accompli contre les groupes jihadistes qui menacèrent un temps Bamako. D’où la décision de Paris de conduire une opération différente avec Barkhane, à partir d’août 2014, afin de lutter contre des groupes terroristes « résiduels » et perturber leur logistique dans la bande sahélo-saharienne [BSS].

Cependant, la question des mouvements touareg indépendantistes dans le nord du Mali [Azawad] restait encore à régler. Mais les discussions ayant abouti aux accords d’Alger, en 2015, laissait présager une issue favorable.

« À la mi 2014, la menace était résiduelle, à la portée des États de la région », a rappelé le général François Lecointre, le chef d’état-major des armées [CEMA], lors d’une audition au Sénat dont le compte-rendu a récemment été publié. « Nous pensions alors que la peur d’un effondrement de l’État malien avait été suffisamment forte pour que les élites militaires et politiques du pays donnent à leurs forces de sécurité les moyens de se redéployer dans les zones conquises par Serval et de rétablir l’État de droit », a-t-il relaté. 

Quant à l’opération Barkhane, a souligné le CEMA, il « ne s’agissait pas de remporter une victoire militaire définitive » contre des groupes jihadistes, « trop dilués pour que nous puissions le faire, mais de maintenir au plus bas niveau possible les trafics, d’empêcher toute reconstitution d’un califat géographique et de laisser la place à l’action politique de gouvernance et de développement. »

Seulement, comme on le sait, rien ne s’est passé comme prévu. « Notre optimisme a été déçu et Barkhane n’a pas été accompagnée d’un retour de l’appareil d’État ni de la refonte efficace des forces armées, notamment maliennes. De même, l’application concrète de l’accord de paix et de réconciliation […] est restée en souffrance, maintenant le chaos dans des territoires où la présence de l’État, lorsqu’elle est préservée, est contestée sinon combattue, comme en Azawad ou dans le Liptako », a expliqué le général Lecointre.

Aussi, la menace terroriste a commencé à reprendre de la vigueur. « Elle descendue vers le sud, s’est concentrée dans la boucle du Niger élargi, puis dans l’ensemble du Liptako, avant d’atteindre le Niger et le nord du Burkina Faso. En 2019, elle a atteint la frontière entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, ainsi que celle entre le Burkina Faso et le Ghana. Et l’on peut désormais craindre qu’elle ne s’étende rapidement au Sud Mali, voire au sud de Bamako », a décrit le CEMA.

Et, désormais, a-t-il continué, « nous nous trouvons donc dans une situation comparable à celle d’il y a sept ans, avec la constitution d’une zone géographique homogène dans laquelle renaît une véritable menace terroriste qui occupe un territoire et s’acharne à le vider des forces de sécurité des trois États concernés. Nous assistons à la reconstitution d’un califat territorial, l’État islamique au Grand Sahara [|EIGS], succursale de Daesh auquel il a fait allégeance en 2016. »

Pour faire face à cette situation, et jusqu’à encore récemment, la force Barkhane ne pouvait mettre que 2.000 soldats sur le terrain, sur les 4.500 dont elle disposait. « Une fois soustraits les éléments de logistique et de soutien, la capacité de protection de nos emprises […] je me trouve avec […] un volant de manœuvre de la taille d’un régiment dans cet immense espace, ce qui est très peu », avait déjà eu l’occasion de dire le général Lecointre, lors d’une précédente audition parlementaire.

D’où la décision prise après le sommet de Pau par le président Macron d’envoyer 600 militaires de plus au Sahel, de concentrer les efforts sur la zone dite des trois frontières ainsi que de renforcer la coopération entre Barkhane et la Force conjointe du G5 Sahel [FC-G5S]. « 600 hommes supplémentaires peuvent apparaître dérisoires compte tenu de l’étendue de cette zone. Toutefois, ce renforcement va nous permettre d’augmenter de 70% notre volume de forces déployées », a assuré le général Lecointre.

Face à Barkhane, aux armées locales et à la FC-G5S, « nous avons un ennemi au volume moyen assez faible, mais capable de mobiliser rapidement et ponctuellement des effectifs importants – de l’ordre de la centaine, à moto – pour mener des actions sur des objectifs à "forte valeur ajoutée". Le reste du temps, ils sont dilués dans la zone », a expliqué le CEMA.

Ces actions, du reste, ne font qu’augmenter la résilience de l’EIGS car « chaque attaque est l’occasion de prélever des moyens sur les armées nationales », a-t-il fait observer aux sénateurs. Qui plus est, les jihadistes « prennent progressivement un ascendant moral sur les forces de sécurité », lesquelles ont perdu entre 350 et 400 membres en 2019.

L’atout dont bénéficie l’EIGS [et qui lui permet de se « diluer »] réside dans une population locale « structurée autour de liens ethniques forts » et qui « se sent abandonnée par l’État ». Elle fournit ainsi à l’organisation terroriste des « jihadistes qui, en enfants du pays, maîtrisent parfaitement le terrain, savent pouvoir se diluer dans les villages et bénéficient du soutien des habitants », a souligné le général Lecointre.

Pourtant, et les points de situation hebdomadaires de l’État-major des armées l’assurent, les jihadistes subissent eux-aussi de lourdes pertes. Seulement, leur « capacité de régénération est forte », a affirmé le général Lecointre.

« Ils sont chez eux. Ils instrumentalisent des tensions interethniques. Ils recrutent des combattants de plus en plus jeunes. Ils bénéficient de la complicité d’une partie importante de la population, au sein de laquelle ils se fondent. Comme j’ai coutume de le dire, nous combattons un ennemi qui ne respecte aucun droit de la guerre et qui est très intriqué dans la population », a détaillé le général Lecointre. « C’est aussi une guerre de conviction auprès de la population : il faut absolument éviter que la population peule ne bascule définitivement dans les rangs ou en appui de l’EIGS et que ce conflit ne dégénère en conflit interethnique. C’est l’une de nos craintes », a-t-il insisté.

Enfin, la situation du Burkina Faso est particulièrement préoccupante. Ce pays est « en train de devenir le deuxième homme malade de la région », a estimé le général Lecointre. « Le président Kaboré considère que le Burkina Faso utile est encore sous contrôle de l’État. Or, une zone de non-droit est en train de se constituer au nord du Burkina Faso, comme au nord de Niamey. Ces dernières semaines, les attaques les plus terribles au Burkina Faso ne se sont pas déroulées contre les armées burkinabè – qui ont déserté la zone – mais contre les populations mossies du nord du pays. […] Le risque d’une dégénérescence de la crise au Burkina Faso est donc très important », a-t-il prévenu.

Source : ZONE MILITAIRE - Une sélection PC


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mercredi, mars 25 2020

Barkhane : Plusieurs jihadistes neutralisés après avoir tendu une embuscade aux forces maliennes

Début février 2020, soit quelques heures après une « opération d’opportunité » conduite par la force française Barkhane ayant abouti à la neutralisation d’une « vingtaine de jihadistes dans le Gourma malien grâce à des frappes aériennes assurées notamment par des Mirage 2000D et un drone MQ-9 Reaper, une unité des Forces armées maliennes [FAMa] est tombée dans une embuscade dans les environs de Hombori, une localité située dans la région de Mopti [Gourma].

Mais la présence de « guetteurs aériens tactiques avancés » [GATA] maliens au sein de cette unité aura été déterminante étant donné que leur prompte réaction a permis de guider efficacement une patrouille de Mirage 2000D sur les lieux. Les chasseurs-bombardiers français ont alors survolé les positions tenues par les jhadistes à très basse altitude afin de leur adresser un ultime avertissement. Ce « show of force » a produit l’effet escompté puisque les assaillants ont pris la fuite.

Pour autant, l’affaire était loin d’être terminée. En effet, une patrouille d’hélicoptères Tigre engagée dans la zone a été « au contact » d’une groupe armé terroriste [GAT]. Un terroriste a été mis hors de combat.

Puis, dans la lancée, des actions de recherche ont été entreprises afin de localiser le GAT à l’origine de l’embuscade tendue dans les environs de Hombori. Ce qui s’est concrétisé, le 12 février, par une nouvelle opération menée contre un campement abritant des terroristes dans la région de Gossi. Ce dernier a été la cible de frappes réalisées par des Mirage 2000D et des hélicoptères – dont le type n’a pas été précisé par l’État-major des armées [EMA]. Puis, des commandos français ont été déployés dans la zone.

Selon l’EMA, « une quantité importante de matériel a été détruite, et plusieurs terroristes ont été mis hors de combat au cours de cette action de Barkhane. « Des motos, de l’armement et des vêtements militaires ont été saisis, de même qu’un important volume de carburant », a-t-il ensuite précisé.

Selon des médias maliens, 14 jihadistes auraient été tués lors de cette opération de Barkhane. Ce qui n’a été ni confirmé, ni infirmé par l’État-major des Armées. En revanche, ce dernier a insisté sur la réaction des FAMa lors de l’attaque d’un de leur poste à Dinangourou, au sud-ouest de Hombori, près de la frontière avec le Burkina Faso.

« Après avoir repoussé les assaillants au cours de violents combats qui ont permis de préserver leur emprise, les soldats ont fait appel à des renforts des forces aériennes maliennes. Leur action coordonnée a permis d’infliger de lourdes pertes au groupe terroriste les ayant attaqués. Cette réaction illustre la progression des forces armées maliennes, et est une conséquence directe des efforts fournis par Barkhane et ses partenaires dans le cadre du partenariat militaire opérationnel », a en effet souligné l’état-major français.

Enfin, sans donner de détails, ce dernier a également indiqué qu’une frappe aérienne réalisée par Barkhane avait neutralisé « près d’une dizaine de jihadistes » dans le Liptako nigérien, le 8 février. Les opérations menées par les militaires français au Niger ont été plutôt rares jusqu’à présent. L’un d’entre-elles avait été menée en décembre 2018 dans la région de Tongo-Tongo, contre des éléments de l’État islamique au grand Sahara [EIGS].

Source : ZONE MILITAIRE


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mardi, mars 24 2020

Uderzo : Astérix est orphelin ! Mais les irréductibles Gaulois résistent...

Albert Uderzo, l’un des pères d’« Astérix », est mort

Le dessinateur de bande dessinée, dont le nom figure sur les centaines de millions d’exemplaires des aventures des irréductibles Gaulois vendus dans le monde depuis 1961, est décédé mardi à l’âge de 92 ans d’une crise cardiaque.

Albert Uderzo n’en faisait pas mystère : il préférait Obélix à Astérix. D’abord parce qu’il créa de lui-même le livreur de menhirs, sans René Goscinny, en 1959, quand fut lancée la série dans les pages du magazine Pilote. Ensuite parce que, sans jamais oser se l’avouer à lui-même, Obélix, c’était un peu lui.

Un souvenir revient. La Baule (Loire-Atlantique), décembre 2013 : Albert Uderzo et son épouse Ada ont accepté, après de nombreuses hésitations, de recevoir deux journalistes du Monde pour parler du litige qui les oppose depuis plusieurs années à leur fille Sylvie, sur fond d’héritage et de soupçons de manipulation. Le rendez-vous a lieu à midi dans le salon d’un hôtel de luxe ; un buffet froid est commandé.

Deux heures plus tard, le moment est venu de se dire au revoir et de payer l’addition. « C’est pour nous, évidemment », affirme-t-on. « Pas question », intervient le dessinateur. On insiste. Lui aussi. Les politesses se termineront devant la caisse enregistreuse du comptoir où un avant-bras d’une fermeté d’airain, comme trempé dans une marmite de potion magique, fera physiquement barrage à toute tentative d’atteinte à son savoir-vivre.

Force de la nature ayant vaincu une leucémie quelques années plus tôt, l’homme paraissait alors invincible, inébranlable. Le menhir a fini par tomber. C’est un monument, dans tous les sens du terme, qui est mort mardi 24 mars à l’âge de 92 ans « d’une crise cardiaque, sans lien avec le coronavirus », a annoncé sa famille. Un monstre sacré de la bande dessinée.

Besoin de reconnaissance

D’Obélix, Albert Uderzo possédait également la sensibilité à fleur de peau et cette générosité sans calcul qui lui valut, tout au long de sa carrière, de croiser un certain nombre d’aigrefins attirés par le succès commercial d’Astérix, série aux plus de 375 millions d’albums vendus. « Faut-il attendre que je meure pour qu’on parle en bien de moi ? », s’insurgeait-il en mai 2017, un mois seulement après une opération du poumon qui l’immobilisait dans son hôtel particulier de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Un article de presse évoquant la renommée mondiale de Tintin – série qui s’est bien moins vendue qu’Astérix (230 millions d’exemplaires) – l’avait mis en pétard : « Il n’y en a que pour Tintin ! Astérix est pourtant une réussite extraordinaire, mais personne n’en parle, on s’en fout ! »

« Je n’ai rien de belge. Ce sont les Américains qui m’ont appris à dessiner. J’ai fait de la BD issue de Walt Disney »

Cette reconnaissance, Albert Uderzo a toujours couru après pendant sa carrière, tout particulièrement après la mort de René Goscinny, en 1977, et sa décision de poursuivre seul les aventures de l’irréductible Gaulois, s’exposant ainsi au feu des critiques. Celles-ci ne l’épargnèrent pas. Le dessinateur souffrit en silence d’être ramené rétrospectivement à un rôle d’exécutant, lui qui travailla comme un acharné entre 14 et 84 ans.

Sa main boursouflée, à la fin de sa vie, témoignait des cadences qu’il s’imposait plus jeune, notamment pendant cette période faste où il fallait livrer chaque semaine à Pilote une page d’Astérix et une autre de Tanguy et Laverdure, deux séries réalisées dans des styles radicalement différents. Là était une autre spécificité de son esthétique : Uderzo fut, et est encore après sa mort, l’un des rares dessinateurs à avoir été aussi à l’aise dans la BD humoristique que dans la BD réaliste.

Une autre chose, enfin, l’agaçait : être rangé dans l’école de bande dessinée franco-belge. « Désolé, je n’ai rien de belge, s’amusait-il ce même jour dans le salon de sa demeure parisienne. Ce sont les Américains qui m’ont appris à dessiner. J’ai fait de la BD issue de Walt Disney. » Rappeler ses origines italiennes, en espérant l’entendre les revendiquer, était tout aussi vain. « On est très français », aimait-il marteler en incluant sa femme Ada, née de l’autre côté des Alpes et rencontrée alors qu’il avait 25 ans.

Produit de l’immigration

Albert Uderzo est né, lui, à Fismes, le 25 avril 1927, une petite ville de la Marne où son père, menuisier de profession, s’était installé après avoir quitté l’Italie. Son destin ressemble pour le coup à celui de René Goscinny, né en 1926 à Paris d’un père polonais et d’une mère ukrainienne. Cette similitude fait d’Astérix, héros très « français » au nom dérivé d’un symbole typographique (l’astérisque), un pur produit de l’immigration.

Albert Uderzo doit, lui, son patronyme à une petite ville de Vénétie, Oderzo, anciennement Opitergium. Fondée au Xe siècle av. J.-C., celle-ci a été détruite à plusieurs reprises par les Barbares avec la chute de l’empire romain. Las de ces invasions à répétition, une partie de ses habitants s’installèrent au VIe siècle sur la lagune, où ils participèrent à la fondation de Rialto, la future Venise, ne laissant que ruines et désolation derrière eux.

« On raconte alors que, au milieu de ce chaos, les marchands drapiers de Trévise ont découvert un seul être vivant : un jeune bébé qu’ils adoptèrent en lui donnant le nom de la cité détruite. Cet enfant aurait fait souche jusqu’aux représentants du nom actuel que je porte », relate le dessinateur dans son autobiographie, Albert Uderzo se raconte (Stock, 2008). Ses parents vivaient à La Spezia, en Ligurie. C’est à la suite d’une brouille avec ses frères que son père avait décidé d’émigrer vers la France, en 1923.

Alberto retirera plus tard de lui-même le « o » de son prénom, « afin de faire plus français », confiera-t-il, ayant « beaucoup souffert, pendant [son] enfance, de la mauvaise idée qu’on avait des Italiens, ces “sales Macaronis” qui venaient manger le pain des Français ». L’enfant grandit à Clichy-sous-Bois, en banlieue parisienne, où les Uderzo finirent par s’installer. L’année où ses parents obtinrent la nationalité française, 1934, est celle du premier numéro du Journal de Mickey.

Embauché comme apprenti

Albert Uderzo vécut ses premiers émois de lecteur à travers les histoires de la souris de Disney, publiées parallèlement dans Le Petit Parisien qu’achetait régulièrement son père. Il lisait aussi les autres illustrés de l’époque : Robinson, Hop-là !, L’Aventure, L’As Junior, Hourra… Il fit enfin la connaissance de Popeye, le personnage créé par E. C. Segar, qui l’influencera beaucoup plus tard, quand il lui faudra dessiner des bagarres dans Astérix. Voyant qu’il aime dessiner, son frère aîné Bruno décida de le présenter à la Société parisienne d’édition, la maison d’édition des frères Offenstadt, qui faisait alors paraître de nombreuses publications pour enfants.

Celui qui se voyait plutôt devenir mécanicien automobile n’avait pas 14 ans en cette année 1940 quand il se fit embaucher comme apprenti, chargé entre autres choses des lettrages et des retouches photo. Il parvint aussi à placer quelques illustrations. La première, dans les pages du magazine Junior, est une parodie de la fable Le Corbeau et le Renard. Mais son rêve était de faire du dessin animé. Walt Disney était son idole et Blanche Neige et les sept nains (1937) sa référence absolue. A la fin de la seconde guerre mondiale, il intégra un petit studio parisien, mais l’expérience fut de courte durée.

Il décida de revenir à la bande dessinée après la lecture d’une petite annonce dans France Soir annonçant un concours de BD organisé par un éditeur. Il imagina Clopinard, un vieux grognard de l’armée napoléonienne ayant perdu un œil et un pied pendant une bataille. Paris grouillait alors de petites maisons d’édition et d’agences de presse spécialisées dans le dessin d’humour et la BD. L’autodidacte, qui a américanisé son nom en « Al Uderzo », frappa à leur porte. Il conçut pour elles une parodie de Tarzan, qu’il appela « Zartan » puis « Zidore l’homme macaque ». Il reprit également une série américaine, Captain Marvel Junior, publiée dans un journal belge.

« Reporteur-dessinateur »

Plusieurs personnages naquirent durant ces années de formation, notamment Arys Buck, un jeune géant doté d’une force herculéenne accompagné d’un nain appelé Castagnasse, affublé d’un gros nez, de grosses moustaches et d’un casque ailé – les prémices d’Astérix. Le jeune artiste acheta sa première table à dessin, qu’il a conservé toute sa vie. Il s’installa chez ses parents, dans la salle à manger.

Le service militaire interrompit sa carrière, qui redémarra, en 1950, dans les colonnes de France Dimanche, où Albert Uderzo fut promu au rôle de « reporteur-dessinateur », dont la fonction consistait à pallier l’impossibilité d’envoyer un photographe sur les lieux d’un fait divers. Il a croqué, entre autres événements, une bagarre mémorable entre députés dans les rangs de l’Assemblée nationale. De l’Astérix avant l’heure, là aussi.

« Astérix est plutôt petit, malingre, pas beau, contrairement à l’usage qui impose que l’on crée des héros bien faits afin que les enfants s’identifient à eux »

Albert Uderzo se lia alors à Yvon Chéron, le responsable de l’agence belge International Press, qui lui présenta son beau-frère, Georges Troisfontaines, le directeur d’une autre agence spécialisée dans la livraison de contenus dessinés, la World Press. Il y fit la connaissance de Victor Hubinon, Eddy Paape, Mitacq, Jean-Michel Charlier, qui feront tous, plus tard, les riches heures de la BD franco-belge.

Il y rencontra également un jeune dessinateur arrivé directement des Etats-Unis : René Goscinny. Le courant est passé immédiatement entre eux : « Après être tombés d’accord sur l’urgence qu’il y a à apporter du sang neuf [à la bande dessinée], nous décidons de travailler en collaboration, lui pour le scénario, discipline où il se sent plus à l’aise, et moi pour le dessin, qui me convient mieux. J’ai 24 ans, lui 25, et nous voulons refaire le monde avec toute l’inconscience et toute l’audace de notre jeunesse », écrit-il dans ses Mémoires.

Leur première collaboration fut une rubrique consacrée au savoir-vivre, publiée dans l’hebdomadaire féminin Les Bonnes Soirées en 1951. Un peu plus tard, Goscinny et Uderzo se lancèrent dans les aventures d’un jeune peau-rouge du nom d’Oumpah-Pah, que l’éditeur belge Dupuis refusa, tout comme les éditeurs américains à qui René Goscinny montra les premières planches. Il fallut attendre 1958 pour que la série connaisse un petit succès, dans les pages du Journal de Tintin.

Entre-temps, le torchon a brûlé à la World Press, qui a licencié quatre de ses collaborateurs, dont Goscinny et Uderzo, coupables d’avoir voulu créer une association pour la défense de leur statut d’auteurs. Deux sociétés, à la fois agence de presse et de publicité, sont nées de cette crise : EdiFrance et EdiPresse, qui lancèrent Pilote en 1959.

Le mythe est en marche

Le premier numéro, le 29 octobre de cette année-là, vit apparaître deux séries sous le crayon d’Uderzo : Tanguy et Laverdure, duo d’aviateurs imaginé par Jean-Michel Charlier, et Astérix. Alors que Goscinny et Uderzo étaient plutôt partis sur une adaptation en BD du Roman de Renart, l’idée de ce petit Gaulois facétieux et bagarreur leur était venue, deux mois plus tôt, lors d’une soirée dans l’appartement HLM que le dessinateur occupait à Bobigny. Le mythe est en marche. Uderzo écrit :

« Mes premiers croquis laissent apparaître un personnage assez grand pour rester proche de l’image des Gaulois qui est véhiculée. René me soumet alors l’idée d’un personnage plutôt petit, malingre, pas forcément intelligent, pas beau mais roublard et futé, contrairement à l’usage en vigueur qui impose que l’on crée des héros bien faits afin que les enfants s’identifient à eux. »

Publiée en album, la première histoire d’Astérix, Astérix le Gaulois, connut des débuts modestes, les éditions Dargaud n’imprimant que 6 000 exemplaires. « Je me souviendrai toujours du monsieur de chez Dargaud qui s’occupait des ventes – un type imbu de lui-même qui se promenait dans les couloirs avec des bottes et une cravache. Un jour, je lui dis : “Ecoutez, monsieur, pourquoi ne tirez-vous pas davantage notre album ?” Il m’a répondu : “Monsieur, quand vous atteindrez les 30 000 exemplaires, on en reparlera…” Quand nous sommes arrivés au million, il n’était plus dans la maison, malheureusement », racontait Albert Uderzo au Monde en novembre 2015.

Le deuxième épisode, La Serpe d’or (1962), fut tiré à 20 000 exemplaires, et le troisième, Astérix et les Goths (1963), à 40 000. Les courbes de vente ne cessèrent plus dès lors de progresser, de manière exponentielle. Elles continuèrent de progresser après la mort prématurée de René Goscinny en 1977, à l’âge de 51 ans, Albert Uderzo ayant décidé de reprendre seul, la série, affichant au grand jour de réelles faiblesses en tant que scénariste.

Lui qui disait ne pas « avoir à rougir de [son] parcours », même s’il voyait en André Franquin, le créateur de Gaston Lagaffe, « le plus grand dessinateur de BD » ayant jamais existé, avait arrêté de dessiner il y a quelques années. Faire une simple dédicace lui était devenu impossible. « Je n’ai plus du tout la main, disait-il. Ça me travaille et me chagrine. Je me rends compte du plaisir que cela me procurait de terminer un travail. Je ne dis pas que ce que je faisais était merveilleux. Mais j’avais la satisfaction de progresser. Et cela me suffisait. »

Source : Frédéric Potet - LeMonde.fr
Suggestion LP FNCV

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lundi, mars 23 2020

Forces spéciales US : Certains « aspects » culturels expliqueraient les problèmes de discipline...

De la discipline !

Ces dernières années, les forces spéciales américaines ont dû faire face à plusieurs scandales et affaires disciplinaires très médiatisés. Le cas du désormais ancien Navy Seal Edward Gallagher en est un exemple. Accusé, entre autres, d’avoir commis un crime de guerre par certains de ses camarades, il fut finalement condamné pour s’être fait photographier à côté du cadavre d’un jihadiste tué en Irak. Mais le président Trump prit fait et cause pour cet officier marinier, au point de pousser à la démission Richard Spencer, alors secrétaire à la Marine.

« On fait de nos gars des machines à tuer et après on les juge quand ils tuent », s’était indigné le chef de la Maison Blanche, alors qu’il venait d’accorder sa grâce à Ed Gallagher ainsi qu’à deux autres officiers des forces spéciales américaines.

Justement, c’est sans doute là que le bât blesse… En juillet, l’amiral Collin Green, le chef du Naval Special Warfare Command, s’était dit préoccupé par un « problème d’ordre et de discipline » au sein de ses troupes. Et d’estimer que cela devait être réglé « rapidement ». Et le général Richard Clarke, le chef de l’US Special Operations Command [USSOCOM] avait demandé un rapport pour y remédier.

La commission réunie pour élaborer cet « examen critique », composée d’officiers encore en activité ou en retraite, vient de rendre ses conclusions. Résultat : ces problèmes de discipline seraient la conséquence d’un sur-engagement des forces spéciales américaines depuis 2001 dans des opérations de contre-terrorisme et de contre-insurrection.

« Nous avons constaté que certains aspects de notre culture ont parfois fixé des conditions favorables à un comportement inapproprié », a résumé le général Clarke. Or, a-t-il ajouté, « nous avons une culture volontariste orientée vers l’action. C’est cette culture qui fait toute notre valeur » mais « près de 20 ans de conflit permanent ont déséquilibré cette culture en faveur de l’usage de la force et la réussite des missions, au détriment de la formation », a résumé le général Clarke.

« Dans certains cas, ce déséquilibre a créé des conditions pour qu’une conduite inacceptable se produise en raison d’un manque de leadership, de discipline et de responsabilité », a ajouté le général Clarke.

Qui plus est, appartenir à une unité d’élite peut « monter à la tête » des plus jeunes. « Le traitement que les candidats aux opérations spéciales reçoivent lors de leur sélection et de leur formation favorise également « un sentiment malsain », souligne le rapport, qui déplore par ailleurs la trop grande importance donnée à l’entraînement physique « au détriment de la formation professionnelle et de l’acculturation propres au service ».

Le manque de formation de l’encadrement pose aussi un problème. En effet, les unités de l’USSOCOM mettraient « trop l’accent sur l’expérience au combat pour mesurer la valeur » de leurs chefs.

« Les déploiements opérationnels, en particulier dans des endroits où le combat est possible, sont valorisés avant tout et perçus comme l’expression ultime de la compétence », note le rapport, qui déplore que d’autres qualités ne soient pas mieux prises en compte.

En outre, « la valorisation insuffisante des chefs subalternes, une approche déséquilibrée de la formation militaire professionnelle et des exigences non codifiées pour les officiers ont affaibli les pratiques en matière de leadership, de discipline et de responsabilité », est-il estimé dans le document, qui, par ailleurs, ne parle pas de l’influence éventuelles des syndromes de stress post-traumatique dans ces affaires de manquement à la discipline.

Source : ZONE MILITAIRE

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vendredi, mars 20 2020

Mali : Barkhane inflige de lourdes pertes aux jihadistes de la région de Mopti

Un récent rapport du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a souligné la situation préoccupante de la région de Mopti [centre du Mali], où 85% des violences commises à l’égard des populations civiles y avaient été commises durant le dernier trimestre de l’année 2019. En outre, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali [MINUSMA] y avait subi pas moins de 46 attaques [sur les 68 constatées durant cette période].

En outre, a encore relevé M. Guterres, toujours au sujet du centre du Mali, « les violences intercommunautaires continuent de faire de nombreuses victimes et sont mises à profit par des groupes extrémistes, les cercles de Bandiagara, Bankass et Koro étant les plus touchés. »

Si la force Barkhane se concentre en particulier sur la région dite des trois frontières, c’est à dire dans un secteur situé aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger, elle ne se désintéresse pas pour autant de celle de Mopti, où elle a mené une série d’opérations entre le 9 et le 17 février 2020.

Le mode opératoire de ces dernières aura été identique à celui qui a été suivi pour les actions précédemment conduites dans le Liptako-Gourma. Ainsi, précise l’État-major des armées [EMA] dans son compte-rendu hebdomadaire, ces opérations se sont déroulées en deux phases.

Lors de la première, qui a eu lieu les 9 et 10 février, au nord-ouest de la ville de Mopti, des frappes aériennes effectuées par des Mirage 2000D, un drone MQ-9 Reaper ainsi que l’engagement d’hélicoptères d’attaque ont permis de mettre hors de combat une vingtaine de jihadistes, et notamment un cadre de l’État islamique au grand Sahara [EIGS] dont l’identité n’a pas été précisée.

Cette action a été suivie par une seconde action menée cette fois au sud de Mopti, les 16 et 17 février, contre la katiba Macina. Elle a mobilisé à nouveau des Mirage 2000D, un drone Reaper ainsi que des hélicoptères de combat. À l’issue des frappes réalisés par ces moyens aériens, un assaut héliporté a été conduit par Barkhane. Là, une trentaine de jihadistes ont été neutralisés [comprendre : tués, blessés ou capturés].

Au total, plus de 50 terroristes ont été mis hors de combat. En outre, une trentaine de motos et deux pick-up ont été détruits. Et de l’armement a été saisi, de même que des téléphones et du matériel électronique. Leur exploitation permettra sans doute d’obtenir de nouveaux renseignements utiles pour planifier de nouvelles actions.

Ces deux opérations « au bilan matériel et humain très lourd » ont « concrétisé un travail de préparation et de renseignement permettant de caractériser avec certitude l’activité des groupes armés terroristes », a souligné l’EMA.

À noter que l’état-major des Forces armées maliennes [FAMa] a annoncé avoir mené une opération dans le secteur de Somadougou, situé également dans la région de Mopti.

« Les hélicos FAMa ont mené des frappes aériennes avec précision aux alentours de Somadougou jusque dans le village de Diallo route de Bankass », a-t-il relaté. Et d’annoncer que « 3 chefs terroristes étrangers ont été capturés » durant cette action, au cours de laquelle « plusieurs » jihadistes ont été tués.

Par ailleurs, dans le même temps, le groupement tactique désert « Acier » a mené une opération dans le Liptako malien, plus précisément dans une zone reculée où les jihadistes « optent régulièrement pour une stratégie de dissimulation au sein de la population, qu’ils maintiennent sous pression par la menace, tout en s’appuyant sur des plots logistiques dans lesquels ils peuvent cacher armes et équipements », a expliqué l’état-major.

Lors d’un contrôle de zone près d’un village, les militaires français ont surpris des terroristes. Lors d’un échange de tir, l’un d’eux a été « neutralisé » et sa moto détruite. Une opération de ratissage a ensuite été lancée dans le secteur, certains oueds semblant plus intéressant que d’autres… étant donné qu’ils dissimulaient « plusieurs ressources » appartenant aux groupes armés terroristes [GAT]. Finalement, un point d’approvisionnement jihadiste a été découvert, avec de nombreuses munitions et motos.

Source : ZONE MILITAIRE


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mercredi, mars 18 2020

Coronavirus : Nous sommes en état de guerre !

« Il faut prendre conscience que nous sommes en état de guerre »

William Dab, directeur général de la Santé pendant la crise du SRAS, ne cache pas son inquiétude, et espère le succès du confinement en France.

Un scénario à 300 000 morts est tout à fait possible !

« Un scénario à 300 000 morts est tout à fait possible. Je crois qu’il faut le dire clairement aujourd’hui. Si le virus contamine 30 millions de personnes dans le pays, ce qui est tout à fait envisageable dans la dynamique actuelle, et étant donné sa létalité estimée autour de 1 %, c’est tout à fait crédible. »

A télécharger :  Nous sommes en état de guerre contre le coronavirus Covid-19 !

  • Un texte d'introduction de Xavier Guihlou, FNCV,
  • Une excellente interviews de William Dab sur la situation actuelle, ses inquiétudes, ses recommandations.


Source : lefigaro.fr
Sur une idée de XAG - FNCV


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