Allemagne : Vente forcée de chasseur US F-18 à la Luftwaffe... Une exigence des américains de l'OTAN !

Contrainte d'acheter le chasseur américain F-18, l'Allemagne subit le diktat yankee au sein de l'Otan

La ministre de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer, a annoncé ce mardi 21 avril que l'Allemagne prévoyait l'achat, en remplacement de ses vieux avions de chasse Tornados de fabrication européenne, de 93 avions Eurofighter, eux aussi made in Europe, et de 45 F-18 américains.

Les Américains leur ont fait une offre qu’ils ne pouvaient pas refuser. La ministre de la Défense allemande, Annegret Kramp-Karrenbauer, a annoncé ce mardi 21 avril que son pays prévoyait l'achat, en remplacement de ses vieux avions de chasse Tornados de fabrication européenne, de 93 avions Eurofighter, eux aussi made in Europe, et de… 45 F-18 américains. Un compromis défavorable à l’industrie aéronautique allemande, dicté par les exigences des yankees au sein de l’Otan.

Bien que les dernier mot sur cette achat revienne aux députés allemands, qui ne se prononceront pas avant la prochaine législature, en 2021, l’Allemagne devrait donc acquérir 30 F-18 Super Hornet et 15 EA-18G Growler chargés des missions “SEAD” de destruction des défenses antiaériennes ennemies et de guerre électronique - brouillage des radars, interception de données.


Délais de certification

Pourquoi avoir privilégié l’avion de McDonnell Douglas plutôt que celui fabriqué en partie par Airbus, issu d’un programme commun (concurrent du Rafale) à l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne et le Royaume-Uni ? Parmi les missions dévolues au Tornado, lui-même né d’un partenariat entre l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni, au sein de la Luftwaffe (l’armée de l’air allemande) figure la participation de l’Allemagne à la “posture nucléaire” de l’Otan. Pour remplir cette mission, les Allemands ont recours à une vingtaine de bombes nucléaires américaines B-61, stockées en Allemagne à Büche.

Désireux de remporter ce juteux marché - le coût unitaire d’un F-18 est évalué à une trentaine de millions de dollars -, les Etats-Unis ont fait comprendre au gouvernement que l’Eurofighter Typhoon ne recevrait pas avant belle lurette la certification nécessaire pour emporter sous ses ailes les bombes américaines, évoquant un délai de trois à cinq ans. Une attente impossible pour l’Allemagne, dont les avions à bout de souffle pourraient entraîner, d’ici 2030, des coûts d’entretien avoisinant les 9 milliards d’euros.

De sorte que, si nos voisins voulaient conserver leur participation à la dissuasion nucléaire au sein de l’Otan sans se saigner aux quatre veines, ils n’avaient finalement pas le choix. Et ce contre toute logique logistique, la maintenance des avions et la formation des pilotes étant beaucoup plus simple dans une armée ne comptant qu’un petit nombre de types d’avions différents. Quant aux missions SEAD, Airbus Defence & Space a présenté le Typhoon ECR SEAD, sans parvenir à convaincre la Luftwaffe.

Des partenaires mécontents

Cet achat est loin de faire l’unanimité en Allemagne: le syndicat IG Metall a fait valoir dans une lettre ouverte que l’acquisition de F-18 mettrait en danger “l’avenir de l’aérospatiale militaire en Allemagne”. L’Eurofighter est en effet assemblés à Manching, et de nombreux composants sont fabriqués à Augsbourg, Munich, Ulm ou encore Kiel. Le SPD est également loin d’être enchanté par cette décision : désireux d’amorcer un virage à gauche sur les dossiers de défense, plusieurs députés sociaux-démocrates remettent en cause la participation de l’Allemagne à la dissuasion nucléaire atlantiste.

Si Berlin s’est trouvé prisonnier de sa dépendance nucléaire envers l’Otan, le pire a toutefois été évité dans ce marché : il a en effet été envisagé d’acquérir en remplacement des Tornado les coûteux F-35 américains, que plusieurs pays européens ont déjà acquis malgré sa conception calamiteuse. Mais Paris a fait valoir qu'une telle option obérerait le développement du Système de combat aérien futur (SCAF), projet franco-allemand attendu à l’horizon 2040 pour remplacer le Rafale et l’Eurofighter. Reste que, depuis le retrait du service des derniers Phantom américains, la Luftwaffe avait réussi à se débarrasser de la tutelle de l'oncle Sam.

Source : Marianne.net / Louis Nadau


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