Sécurité : La gendarmerie casse un réseau mobile crypté de criminalité !

La gendarmerie a cassé des messages chiffrés...

La gendarmerie française a réussi à intercepter, analyser et décrypter plus d'une centaine de millions de messages chiffrés. Elle aurait, pour cela, installé un logiciel espion dans des terminaux sécurisés EncroChat, vendus (chers) à 50 000 trafiquants de drogues, criminels et délinquants, notamment. Plusieurs centaines auraient été arrêtés.

« Le démantèlement d'un réseau crypté crée une onde de choc au sein des groupes criminels organisés à travers l'Europe », se félicitent les autorités policières et judiciaires françaises et néerlandaises, Europol et Eurojust. Lors d'une conférence de presse à La Haye (Pays-Bas), au siège d’Eurojust, ils ont présenté les « résultats impressionnants d'une équipe commune d'enquête (ECE) visant à démanteler EncroChat, un réseau téléphonique crypté largement utilisé par les réseaux criminels ».

« C’est comme si nous étions à la table de discussions des criminels, en direct, c’est ce qui rend l’enquête unique », a résumé Janine van den Berg, cheffe de la police néerlandaise. « On a utilisé le fait que les criminels font confiance aveuglément à la crypto-communication et parlent librement », a renchéri son collègue Andy Kraag, comparant ces informations à « une mine d’or nous fournissant des preuves qui nous auraient coûté des années [à établir] en temps normal ».

Au cours des derniers mois, détaille le communiqué de presse, « l'équipe commune d’enquête a permis d'intercepter, de partager et d'analyser des millions de messages échangés entre les criminels dans le but planifier des infractions graves ». De plus, et « pour une part importante, ces messages ont été lus par les forces de l’ordre en temps réel, à l’insu des expéditeurs », confirmant les capacités de la gendarmerie française en matière de cryptanalyse et de décryptement.

L'an passé, elle révélait en effet l'existence de Gendpass, une « plateforme de déchiffrement et de cassage de mots de passe pouvant être utilisée par tous les gendarmes », peu après avoir mis au point « une nouvelle arme pour contrer le chiffrement des téléphones ». Elle avait valu au capitaine de gendarmerie et docteur Thibaut Heckmann, qui avait alors 28 ans seulement, de recevoir le prix Emerging Forensic Scientist Award de l'European Academy of Forensic Science (qui regroupe l’ensemble des laboratoires européens de criminalistique) pour son travail qualifié de « décisif dans l’expertise numérique et dans le déchiffrement de la donnée ».

50 000 cryptotéléphones EncroChat étaient en circulation en 2020

En 2017, la gendarmerie découvrait que de nombreux groupes criminels communiquaient grâce à EncroChat, une solution de chiffrement bout en bout, et que ses serveurs étaient situés en France, près de Lille.

D'après L'Essor, l’unité avait été alertée grâce à un travail de renseignement international. La gendarmerie ne détaille pas comment, techniquement, elle a procédé, sinon que « finalement, il a été possible de mettre en place un dispositif technique permettant de contourner le chiffrement et d’avoir accès à la correspondance des utilisateurs ».

L'appareil était vendu 1 000 euros, auxquels il fallait ajouter 1 500 euros d'abonnement offrant une couverture mondiale et une assistance technique 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, à renouveler tous les 6 mois, détaille le communiqué. « Les cryptotéléphones EncroChat ont été présentés aux clients comme la garantie d’un anonymat parfait (pas d'association de l'appareil ou de la carte SIM avec le compte du client, acquisition dans des conditions garantissant l'absence de traçabilité) et une parfaite discrétion à la fois de l'interface cryptée (double système d'exploitation, l'interface cryptée étant masquée pour être non détectable) et du terminal lui-même (retrait de la caméra, du microphone, du GPS et du port USB) ».

Le smartphone pouvait être effacé à distance par le revendeur ou le service d'assistance, offrait également « des fonctions visant à assurer « l’impunité » des utilisateurs (suppression automatique des messages sur les terminaux de leurs destinataires, code PIN spécifique destiné à la suppression immédiate de toutes les données sur l'appareil, suppression de toutes les données en cas de saisies consécutives d'un mauvais mot de passe), des fonctions apparemment spécialement développées pour permettre d'effacer rapidement les messages compromettants, par exemple au moment d’une arrestation par la police ».

50 000 étaient en circulation en 2020.

L'appareil était vendu 1 000 euros, auxquels il fallait ajouter 1 500 euros d'abonnement offrant une couverture mondiale et une assistance technique 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, à renouveler tous les 6 mois, détaille le communiqué. « Les cryptotéléphones EncroChat ont été présentés aux clients comme la garantie d’un anonymat parfait (pas d'association de l'appareil ou de la carte SIM avec le compte du client, acquisition dans des conditions garantissant l'absence de traçabilité) et une parfaite discrétion à la fois de l'interface cryptée (double système d'exploitation, l'interface cryptée étant masquée pour être non détectable) et du terminal lui-même (retrait de la caméra, du microphone, du GPS et du port USB) ».

Le smartphone pouvait être effacé à distance par le revendeur ou le service d'assistance, offrait également « des fonctions visant à assurer « l’impunité » des utilisateurs (suppression automatique des messages sur les terminaux de leurs destinataires, code PIN spécifique destiné à la suppression immédiate de toutes les données sur l'appareil, suppression de toutes les données en cas de saisies consécutives d'un mauvais mot de passe), des fonctions apparemment spécialement développées pour permettre d'effacer rapidement les messages compromettants, par exemple au moment d’une arrestation par la police ».

Détectés par le département Informatique Électronique (INL) de l'Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale (IRCGN), précise le communiqué, des travaux de recherches approfondies étaient lancés dès 2017, afin d'en comprendre le fonctionnement. Début 2019 le projet CERBERUS, piloté par la gendarmerie et financé par des fonds européens, permettait l’accélération des recherches de l’IRCGN sur ces téléphones.

CERBERUS (pour Child Exploitation Response by Beating Encryption and Research to Unprotect Systems) est une plateforme de cassage de mots de passe utilisable par tout pays de l’Union. Ses missions : « extraire les secrets des périphériques chiffrés (téléphones, clefs USB, etc.) », et « déchiffrer les données afin de fournir les preuves numériques pour condamner les criminels ». Une présentation explique que « les dispositifs chiffrés sont largement utilisés, notamment par les anarchistes, les pédophiles, les trafiquants de drogue et les terroristes. Le projet CERBERUS vise à gérer la chaîne de sécurité complète, de la couche matérielle à la couche système, en passant par la couche application. Le craquage des mots de passe ne devient possible qu'une fois que les multiples étapes cryptographiques ont été identifiées et comprises ».

L'investissement, estimé à 2,6 millions d'euros, d'après L'Essor, mobilisait trois gendarmes, qui espéraient pouvoir faire les premiers tests de charge de leur nouvelle plateforme d’ici le début de l’année 2020.

Source : nextinpact.com / CERBERUS

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Commentaires

1. Le vendredi, juillet 3 2020, 12:33 par Albert22

La gendarmerie française à bien fait les choses en installant un logiciel espion….elle traquera mieux les trafiquants tout azimut qui pestifèrent le sol français et européen…..par la même, elle mettra à cran l’ensemble des dealers qui se moquent des lois française.
Un bon coup de torchon ne fera de mal à personne, sauf à ceux qui nous défient.

2. Le vendredi, juillet 3 2020, 13:09 par célou

A nous de ne point faire de détails avec la délinquance et les autres mafias que l’on connait……
Les gendarmes et la police disposent de nos jours de moyens de plus en plus sophistiqués dans le domaine des écoutes de renseignements et autres pipelettes qui les renseignent pour obtenir des échanges de bons procédés !!!
Je ne parlerais pas de l’idiotie de certains français qui échange sur facebook et autres réseaux sociaux….. qui sont heureusement pour nous, mis sur écoutes et sous surveillance des échanges sur internet.
Un coup de chapeau à ceux qui jour et nuit veille sur nous et nos enfants.
Gare aux dérapages…pas facile pour eux aujourd’hui de ne pas commettre une erreur….
La tache n’est pas facile avec les dispositions que prennent la justice et le gouvernement à leurs encontre…..
Le conseil de discipline les guettent, la prison également avec au bout du compte, la porte de sortie.
Depuis le déconfinement le travail des dealeurs à repris (il n’à jamais cessé) de plus belles…..les ventes de dosettes, de barrettes, de piquouzes font le bonheur des emboucaneurs responsables de la perte des jeunes français.

3. Le vendredi, juillet 3 2020, 13:27 par célou

Le président macron , Castaner devrait dire Bravo …afin qu’ils poussent leurs instigations plus loin !!!

4. Le vendredi, juillet 3 2020, 14:29 par ange

Les démentiellement sont plus fréquent par les services de gendarmerie, de police et de renseignements.

Il est vrai que les moyens sont tout autres que ceux d’hier et que les hommes et femmes qui composent nos unités de défense, sont hautement qualifiés par leurs instructions, compétences et les moyens dont ‘ils disposent pour mettre fin à de nombreux méfaits.

Les enquêteurs locaux et nationaux bénéficient comme l’écrit notre camarade ci-dessus, de renseignements émanant de mouchards qui sont à la solde de la hiérarchie d’un service…non négligeable…..

D’un coté les balances sont confrontées à une mort certaine en cas de ‘’crevaison’’, de l’autre n’obtenir aucune protection pour leurs proches, voir de parti illico au trou.

Dans de tels cas comme celui-ci la coopération d’Interpol est essentielle pour lutter contre les drogués du crime organisé.

5. Le vendredi, juillet 3 2020, 14:45 par moise

Les criminels ont fait confiance à la crypto-communication en parlent librement … !
Certainement des novices, des inconscients qui ne savent pas qu’il ne faut faire confiance à personne et que les murs ont des oreilles.
Pas une mince affaire que d'intercepter, de partager et d'analyser des millions de messages échangés….que de patience et des heures d’écoutes……un sacré boulot
Bis à nos forces nationales du bon travail qu’on ne parle jamais !

6. Le vendredi, juillet 3 2020, 15:48 par mataf83

Les écoutes des oreilles indiscrètes sont punissables par la loi des cons…..peut être que nos juges sous la pression de je ne sais qui…. dénoncerons l’acharnement de nos bons soldats de ne pouvoir faire des affaires en toute illégalité et tranquillité….
Que ne ferait ‘elle pas notre justice pour ne pas déplaire à ceux qui souhaitent mettre le pays en dessus-dessous…
À croire que certains de nos juges ont peur d’avoir un contrat en bonne et due forme sur eux!!!
Moi je suis partisans de laissé à nos forces de l’ordre les mains libres pour la bonne raison que je me tiens à carreau et respectueux de nos lois.
Bien sur ceux qui ne les respectent pas, ne sont pas de mon avis, çà coule de source.

7. Le vendredi, juillet 3 2020, 16:43 par régis

Aujourd’hui bravo les gendarmes......demain certains baveront dessus, va comprendre mec

8. Le samedi, juillet 4 2020, 07:58 par fernand

Un coup de filet qui fera réfléchir les récalcitrants hors la loi….malgré que les mailles du filet se referme doucement, rien ne change sur le terrain banlieusard…..
Le commerce continue, les ripoux se gavent d’argent s’en rie faire en intoxicants des jeunes, en faisant un trafic en tout genre qui rapporte gros.
Bravo à la gendarmerie qui zyeute les écrans informatiques, qui plus est, sont à l’écoute du moindre son des moindres bruits du moindre chuchotage.

9. Le samedi, juillet 4 2020, 11:19 par djimil

À plus de 80 ans je ne peux rien dire, rien faire, sans prendre le risque de me faire tabassé dans la rue si je l’ouvre trop, voir intervenir pour venir en aide à une personne en difficulté.
À mon âge je dois tout supporter et fermer les yeux du trafic que j’aperçois en toute liberté par les « enfants » des quartiers qui pourrissent tout, qui casse-tout !!!
Si dans ma tète j’ai toujours 20 ans, à ce jour le reste de mon corps porte le poids des ans.
Quelle acquisition nous avons fait….Nous avons de drôles de phénomène…. Ils ont peur de rien et rien ne les fait peur !!!
Disons que la France offre à tous les vagabonds le beurre et l’argent du beurre ….en laissant aux services de police le soin de dépatouillé les systèmes que la vermine met en place….qui plus est, nous coutent un argent fou !!!

10. Le samedi, juillet 4 2020, 12:51 par geneviéve

L'erreur de l’Europe est d’avoir accepté sur le vieux continent toute la misère du monde.
Elle aurait mieux fait d’aider les populations chez elles que de les faire venir et faire ce qu’ils font chez nous !!!

11. Le samedi, juillet 4 2020, 13:32 par Danielle

Que de moyens, de dépense, peine perdu pour arrêter des fripouilles qui seront remis en liberté par la justice.